Tricorne vissé sur la tête, Donald Trump est représenté en pirate triomphant sur la couverture de l’hebdomadaire économique russe Monocle. Derrière lui, un voilier flanqué du drapeau noir à la tête de mort est amarré dans une baie tropicale. “Le pirate des Caraïbes. Comment les États-Unis torpillent le droit maritime”, titre le magazine, reprenant une image déjà utilisée notamment par le quotidien El País América.
“Trump est prêt à jouer son va-tout”, prévient Monocle en ouverture de son dossier. Washington aurait définitivement abandonné les “bonnes manières du droit international” et se comporterait désormais comme un “prédateur impérialiste affamé”, ayant déjà “avalé le Venezuela” et s’apprêtant “à bondir sur Cuba, la Colombie ou encore l’Iran”. Le journal raille également l’aveuglement de ses alliés européens, “qui ne sont plus à table avec les Américains, mais au menu”.
Triangle des Bermudes
À l’approche des élections de mi-mandat prévues le 3 novembre 2026, Trump miserait sur des victoires symboliques à l’étranger pour bien démarrer sa campagne, alors que “la dette américaine explose” et que “les électeurs ne voient encore aucun signe d’amélioration de leur niveau de vie”, estime le journal.
D’où l’opération militaire menée au Venezuela pour enlever le président déchu, Nicolás Maduro, et rediriger le pétrole vers les raffineries américaines. Une méthode que Monocle compare, dans un autre article, au mode opératoire de la mafia : “Non pas la saisie physique des entreprises, mais l’intimidation de leurs patrons avec la crainte d’une punition inévitable en cas de désobéissance.”
La “doctrine Marilyn Monroe”
Le dossier revient aussi sur les tensions en mer, en dénonçant un “triangle des Bermudes du droit international”. Car pour Monocle, les États-Unis de 2026 sont engagés dans une forme de “piraterie d’État”. “Washington arraisonne des pétroliers, impose des zones de quarantaine maritime, détourne un navire battant pavillon russe [intercepté le 7 janvier dans le cadre d’opérations américaines contre les exportations illégales de brut vénézuélien].” Ce précédent américain pourrait servir aux Européens pour traquer la flotte fantôme russe, redoute le magazine.
Avant de conclure que la politique étrangère de Trump a adopté une nouvelle doctrine “en imposant ses caprices”. Il ne s’agit plus de la doctrine Monroe, du nom du président James Monroe (1817-1825), qui considérait l’Amérique latine comme la chasse gardée des États-Unis, ni de la doctrine Donroe revendiquée par le président américain lui-même, mais de la “doctrine Marilyn Monroe”, s’amuse Monocle : “Je suis une star, je fais ce que je veux.”