Cœur et altitude après 60 ans : ce que personne ne vous
dit
Ski, randonnée, souvenirs en famille : passé 60 ans, la montagne
attire toujours. Le cœur, lui, n’a plus tout à fait les mêmes
réserves qu’à 40 ans. Le risque n’est pas théorique. Comme le
rappelle Pr Gérard Helft : « Les maladies cardiovasculaires sont
l’affaire de tous : elles sont responsables de 400 décès par jour
et demeurent la première cause de mortalité chez les femmes . Je
veux rappeler que rien n’est définitif si chacun en prend
conscience et améliore son hygiène de vie », selon la
Fédération Française de Cardiologie. Un rappel
utile au moment de choisir une station.
Ce que beaucoup prennent pour une simple grosse fatigue en
arrivant peut traduire une hypoxie mal tolérée. Le contexte, le
voyage, le stress n’expliquent pas tout. La montagne teste votre
capacité d’adaptation, y compris sans antécédent connu. Le signal à
guetter est précis.
1 800 mètres : le seuil qui change tout pour le cœur
senior
Oubliez l’idée que seuls les sommets à 3 000 m posent problème.
Après 60 ans, des mécanismes de compensation
s’activent dès 1 800 mètres, selon
l’IFREMMONT. La pression atmosphérique baisse et
la quantité d’oxygène disponible chute d’environ 20 %. Chez
certains, la saturation peut passer sous SpO2 < 90
%, ce qui signe un vrai risque. Le cœur doit alors fournir
plus d’efforts pour maintenir l’irrigation.
Le symptôme à vérifier avant de monter, c’est la
tachycardie réactionnelle. Concrètement, le cœur
s’emballe pour un effort minime : quelques marches, une rue en
pente. Parfois, l’accélération survient au repos la nuit en
station. Ce battement trop rapide traduit la compensation d’un
manque d’oxygène. Sur un cœur aux coronaires rigidifiées par l’âge
ou une hypertension, cela peut annoncer une ischémie
silencieuse.
Avant la station : les vérifications qui vous protègent
Faites le test des deux étages chez vous : si vous êtes à bout
de souffle en haut, consultez avant le départ. Évitez de passer du
niveau de la mer à 2 000 m en quatre heures. Préférez une nuit
d’acclimatation vers 1 200–1 400 mètres. Ce palier
permet au corps d’ajuster respiration et circulation sans
brusquerie. Votre marge de sécurité augmente.
Pensez hydratation, car l’air sec et l’hyperventilation
déshydratent vite. Ajoutez environ 1,5 litre d’eau
par jour pour éviter un sang épaissi qui fatigue le cœur. Le soir
de l’arrivée, bannissez les benzodiazépines si
vous avez du mal à dormir. Ces somnifères dépriment la respiration
nocturne et majorent l’hypoxie en altitude. Une tisane ou un peu de
mélatonine suffisent.
Symptômes en station après 60 ans : que
faire au‑dessus de 1 800 m ?
Martine, 64 ans, retraitée active, a cru à une bronchite en
arrivant aux Arcs. La nuit, une toux sèche et une sensation
d’étouffement allongée l’ont surprise. Le diagnostic réel : un
début d’œdème pulmonaire de haute altitude, favorisé par une
hypertension méconnue. La décision a été simple, la redescendre en
urgence. Un scénario typique quand les signaux sont minimisés.
Si un cœur qui s’accélère anormalement, une fatigue écrasante,
une oppression thoracique ou une toux nocturne apparaissent,
n’attendez pas. Stoppez l’effort, restez au chaud et organisez une
descente. Un avis médical s’impose, même si la douleur n’est pas
franche. À l’avenir, ciblez des stations plus basses ou respectez
un palier d’acclimatation. Votre sécurité commence par écouter ce
signe simple : le rythme de votre cœur.