Sept fois champion de France de football… et régulièrement très bien placé sur le podium des bouchons. Mais Lyon n’avait jusqu’ici jamais dominé ce classement. C’est désormais chose faite dans la 15e édition du Traffic Index de TomTom, publiée ce mercredi 21 janvier. D’après les données de l’opérateur GPS, Lyon se hisse pour la première fois en tête des villes françaises les plus congestionnées. « C’est la mauvaise nouvelle de cette année pour Lyon. Je ne me souviens pas que ce soit déjà arrivé », explique au Progrès Vincent Martigny, porte-parole de TomTom.

Basé sur les données anonymisées de plus de 600 millions de systèmes de navigation à travers le monde, l’indice mesure l’augmentation des temps de parcours par rapport à une situation de circulation fluide. À Lyon, cet écart atteint 47,2 % en moyenne sur l’année (46,5 % en 2024). Concrètement, « au lieu de mettre 10 minutes quand tout roule bien, on va en mettre 15 en moyenne », explique Vincent Martigny.

Le pire, les jeudis et vendredis soir

Mais cette moyenne cache des pics spectaculaires. Aux heures de pointe, la congestion s’envole : 80 % le matin, jusqu’à 90 % le soir, notamment entre 17 et 18 heures. « À ce moment-là, l’ensemble des temps de parcours sont quasiment doublés par rapport à des conditions de circulation fluides », souligne le porte-parole. Les jeudis et vendredis soir sont particulièrement critiques, avec des niveaux flirtant avec les 100 %.

Résultat, un automobiliste lyonnais parcourant 10 km matin et soir aux heures de pointe perd en moyenne 121 heures (+2 heures par rapport à 2024) par an à cause des bouchons, soit plus de cinq jours entiers. « C’est du temps perdu uniquement à cause de la congestion », insiste Vincent Martigny.

Un record révélateur d’une ville « à flux tendu »

Un classement qui s’explique par un contexte local bien identifié. « Il y a manifestement une volonté politique, à Lyon comme ailleurs de réduire la place de la voiture, de baisser les vitesses et de réduire la capacité routière », observe-t-il. La multiplication des travaux en fin de mandat et la suppression de voies de circulation au profit de voies cyclables ont mécaniquement tendu le réseau. « Même si le nombre de voitures baisse, si vous réduisez encore plus la capacité routière, la congestion reste », indique l’opérateur GPS.

Lyon roule pourtant plus vite que Paris ou Nancy, avec une vitesse moyenne de 21,8 km/h, preuve que congestion et lenteur ne se confondent pas. « La congestion, c’est une augmentation relative des temps de parcours, pas forcément une vitesse plus faible », rappelle TomTom.

Un modèle urbain en pleine mutation et sous forte pression

Un record donc révélateur d’une ville « à flux tendu », où le moindre incident peut faire basculer tout le réseau. Le jeudi 17 avril 2025 en est l’exemple le plus frappant : un accident de camion sur l’A7 a fait grimper la congestion à 144 %, paralysant la métropole en début de soirée. Un symbole de plus d’un modèle urbain en pleine mutation et sous forte pression.

La métropole de Lyon se classe qu’en 7e  place des métropoles françaises les plus congestionnées. « Dès qu’on sort de la définition strictement administrative de la ville de Lyon, la situation change », explique Vincent Martigny. « La métropole bénéficie d’un réseau plus étendu, plus dense, avec des axes périphériques et autoroutiers qui permettent de mieux répartir le trafic ». La congestion y est plus diffuse et mieux absorbée qu’au cœur de la ville même si elle reste bien présente.