Donald Trump multiplie les menaces, mais l’Europe commence à réagir. Brandissant à deux reprises déjà la menace de l’instrument anti-coercition, Emmanuel Macron a appelé ce mardi 20 janvier à utiliser des outils «très puissants», face aux Etats-Unis qui «cherchent à affaiblir l’Europe». Dénonçant la «conséquence d’une agressivité inutile», le chef de l’Etat a prôné «l’état de droit plutôt que la brutalité» et appelé à ne pas «accepter passivement la loi du plus fort». Un discours tenu en partie par le récent co-lauréat du prix Nobel d’Economie.
Depuis Davos, Philippe Aghion réagissait sur BFM aux menaces de Donald Trump sur le Groenland et sa volonté de créer un «Conseil de paix». «L’Europe doit dire non à monsieur Trump, c’est-à-dire que maintenant c’est fini, on arrête le charme», a-t-il lancé en préambule. Plaidant pour une ligne «claire de fermeté», le prix Nobel a sommé l’Europe de «se réveiller», regrettant les discours attentistes et parfois trop gentils des Européens ces derniers jours.
Le Groenland : «Une ligne rouge»
Si le président français évoque désormais l’utilisation du «bazooka commercial» européen, il a «trop pensé que le charme pouvait jouer», a regretté l’économiste au micro de BFM, «alors que non, ça ne paie pas». Pour lui, les Etats leaders sur le Vieux-Continent ne sont pas assez fermes : «Il faut à un moment donné que la France, l’Angleterre et d’autres pays disent que ça, ce n’est pas acceptable. ‘Le Groenland, vous ne l’aurez pas’. Non, c’est une ligne rouge absolue.»
Citant Churchill, «Whatever it takes», Philippe Aghion souhaite davantage de «fermeté» de la part de l’Angleterre et de la France : «Les pays clefs d’Europe doivent se mettre ensemble et dire [qu’ils sont] prêts à faire du commerce avec les États-Unis, avec la Chine, mais qu’ils ne se laissent pas marcher dessus», a-t-il martelé au micro de nos confrères.
Un «déclin technologique» par rapport aux Etats-Unis
Parmi les autres pistes évoquées, le prix Nobel d’Economie réclame davantage d’«innovation» en Europe dont le «déclin technologique par rapport aux États-Unis et à la Chine» est dommageable. Tout en jouant sur ses nombreux atouts et le fait d’être «une force de démocratie, une force de modèle social, une force d’environnement», l’Europe doit «faire valoir son soft power», sa «culture» et ses «valeurs». «Il faut se reprendre en main dans le domaine de la défense et également faire une nouvelle révolution de l’IA en Europe», a-t-il préconisé.