Selon nos informations, l’homme était connu sous le sobriquet de Cacali. Arrivé à La Douze au début des années 1990, il a d’abord effectué des travaux agricoles dans les fermes du secteur avant d’être recruté par le centre communal d’action social de la Douze (CCAS) dans le cadre d’un contrat emploi solidarité (CES), pour favoriser sa réinsertion.

Employé par la commune

« Il était venu pleurer pour demander une place », se souvient Jean Favreau, à l’époque maire et président du CCAS. L’édile dit ne pas se souvenir si cette embauche a été signée avant ou après la disparition de Didier Seignole. Il ne se rappelle pas non plus combien de temps a duré son contrat. « Six mois, douze mois ? Je ne sais plus, mais je crois me souvenir qu’il est parti volontairement de la mairie », évoque l’ancien premier magistrat.

Jacques Favreau confirme que le fameux Cacali « était un personnage », « un fort en gueule » qui pouvait être tantôt « un provocateur », tantôt « un homme courtois ». L’édile affirme en revanche qu’il ignorait tout du passé de sa recrue, à commencer par ses antécédents judiciaires. Celui qui pourrait avoir joué un rôle crucial, si ce n’est funeste dans la disparition de Didier Seignole, avait fait parler de lui cinq plus tôt à Rouffignac, à quinze kilomètres de La Douze.

Décédé en 2014

En novembre 1989, Cacali avait en effet organisé un guet-apens pour se venger d’un voisin de 68 ans auquel il reprochait de l’avoir dénoncé aux gendarmes pour conduite sans permis. Alors bûcheron, il avait attendu le retraité au bout d’un chemin, dont il avait bloqué l’accès avec un madrier et des branchages, et l’avait roué de coups. Des faits auxquels la procureure a fait allusion en les qualifiant d’une « violence extrême » sans les détailler.

Un temps, Cacali a vécu dans une maison en location, non loin de la ferme des Seignole. Il a ensuite déménagé dans la commune voisine de Saint-Geyrac où il a acheté un terrain et bâti une maison de bric et de broc presque à lui tout seul. De forte corpulence, « c’était une machine de guerre », raconte un habitant de Saint-Geyrac : « Il aimait à raconter qu’il avait creusé sa cave tout seul. »

La rumeur publique lui prêtait une ancienne vie de légionnaire. Vrai ou faux, toujours est-il « qu’il faisait peur autour de lui », raconte un autre couple de Saint-Geyrac.

Cacali est décédé en 2014 à l’âge de 74 ans. Il avait refait parlé de lui en 2010. Alors sous tutelle, il avait exhibé son sexe devant une mère et sa fille sur les hauteurs de Saint-Geyrac avant de les poursuivre en voiture. La justice l’avait condamné à six mois d’emprisonnement sous bracelet électronique avec obligation d’indemniser la victime à hauteur de 1 500 euros.