Dans un message publié ce mardi 20 janvier sur les réseaux sociaux ; Donald Trump juge « choquant » que Londres envisage de « donner » l’île de Diego Garcia, site d’une base militaire américaine stratégique, « sans aucune raison » aux Mauriciens. Cette critique intervient au moment où Donald Trump menace de relancer une guerre commerciale avec l’Europe en raison de son opposition à sa volonté d’annexion du Groenland.
La souveraineté du Groenland en toile de fond
Face à cette nouvelle tentative de déstabilisation diplomatique, les associations de soutien aux Chagos restent optimistes.
« La rétrocession est bien en cours » selon Julie Pontalba, présidente du mouvement Réunionnais pour la paix. « Elle a été validée par la Cour internationale de La Haye en 2019. Il y a un traité validé entre la Grande Bretagne et l’île Maurice en 2023 donc les choses sont bien engagées »
Les défenseurs de la cause chagossienne nuancent aussi la réaction du président américain en la restituant dans un contexte d’incertitude diplomatique, où les Etats-Unis et leur allié historique, la Grande-Bretagne, s’opposent sur la question de la souveraineté. Jules Dieudonné, militant associatif rappelle la récente prise de position de Keir Starmer, Premier ministre de la Grande Bretagne, qui reconnaît que l’annexion du Groenland est une mauvaise chose.
« C’est une réponse aussi pour pouvoir dire attention, vous nous avez critiqués, donc nous nous prenons position contre quelque chose pour laquelle il était favorable il y a un an. Il est même jusqu’à aller dire que le peuple chagossien avait suffisamment souffert. Donc il était temps de leur rendre justice. Et aujourd’hui, il dit le contraire. »
Plus que 400 natifs des Chagos encore en vie
Reste que le temps passe, et que le processus de rétrocession qui traîne en longueur à raison des natifs et de leurs lignées . « Certains Chagossiens disparaissent à cause de l’âge , quand les jeunes Chagossiens qui, voudraient récupérer leur identité, ne savent pas sur quel pied danser » déplore Georges Gauvin, président du Comité solidarité Chagos Réunion. « Aujourd’hui, on ne dénombre plus que quelques 400 natifs des Chagos, dont le plus jeune à plus de 50 ans ».
Une victoire historique pour un peuple exilé
Le 22 mai 2025, les Chagossiens ont célébré une victoire historique. Un traité international a été signé, reconnaissant officiellement la souveraineté de la République de Maurice sur l’ensemble de l’archipel des Chagos.
En 1968, Londres a conservé le contrôle des îles Chagos lorsque Maurice a obtenu son indépendance du Royaume-Uni. Environ 2.000 habitants de l’archipel ont été expulsés dans les années suivantes, notamment de Diego Garcia, où est installée la base militaire, qui a notamment été utilisée comme plaque tournante pour les bombardiers et navires à longue portée pendant les guerres en Afghanistan et en Irak. En 2019, la Cour internationale de justice a recommandé que Londres remette l’archipel à Maurice, après des décennies de batailles judiciaires.