Publié le

21 janvier 2026

Il y a des histoires qui ne s’inventent pas. Et celle de Bourrienne Paris X, finaliste du prix DHL 2025, en fait partie. La marque française de chemises pour homme et pour femme, cofondée entre autres en 2017 par deux femmes aux parcours tout à fait différents, entre désormais dans une phase à mi-chemin entre l’expansion dynamique et la recherche de pérennité, avec une croissance de plus de 50% en 2025 et un objectif tout aussi élevé en 2026.

Cécile Faucheur est la directrice artistique de la griffeCécile Faucheur est la directrice artistique de la griffe – Bourrienne Paris X

La créatrice à l’origine des collections de Bourrienne Paris X répond au nom de Cécile Faucheur. Ancienne enseignante en design de mode, modéliste et styliste, elle est désormais responsable de la création au sein de la marque qu’elle a cofondée. Ce sont ses recherches à Argenton-sur-Creuse, au musée de la chemiserie, qui ont conquis Cécile et Charles Beigbeder (tout juste repreneur de l’Hôtel de Bourrienne à Paris), désireux de dédier une marque de chemises pour hommes à l’édifice.

Détails historiques et trajectoires plurielles

De son côté, la cofondatrice et PDG de Bourrienne Paris X Carine Beigbeder s’appuie sur un parcours oscillant entre la finance et l’entrepreneuriat. Elle a, par le passé, géré un fonds Small Cap côté chez Financière Arbevel. Son analyse des business plans de sociétés et de leurs stratégies lui donne envie de jouer un rôle opérationnel, qui s’incarne désormais chez Bourrienne Paris X. Marque de luxe, ou du moins en voie de l’être, la griffe fédère aujourd’hui une dizaine de personnes et tente de concurrencer des “mastodontes” du luxe tels qu’Hermès sur un créneau jusqu’ici très restreint, celui de la chemise. 

Carine Beigbeder ambitionne d'apporter de la pérennité à Bourrienne Paris XCarine Beigbeder ambitionne d’apporter de la pérennité à Bourrienne Paris X – Bourrienne Paris X

“L’idée était de construire une marque inspirée des détails historiques et des artisans chemiseurs d’autrefois. On s’est rendu compte que le vestiaire masculin avait perdu beaucoup de la richesse qu’il avait dans le passé”. Aujourd’hui, le vestiaire Bourrienne Paris X est à la fois ancré dans l’héritage stylistique français et la mode moderne, en s’étant ouvert aux vêtements féminins dès la deuxième saison. Ces derniers représentent désormais plus de la moitié du chiffre d’affaires de la maison.

À la recherche de matériaux de qualité

“Pour les femmes, la chemise a été un vecteur d’émancipation quand le vêtement de la femme s’est décorseté, s’est un peu libéré. Ce n’est pas forcément à la même époque, mais ce n’est pas grave”, explique Carine Beigbeder. Bourrienne Paris X va maintenant au-delà de la chemise et a lancé un pantalon pour hommes en précommande, confectionné dans un lin belge très épais, “comme plâtré avec une fine couche de cire d’abeille, qui lui donne un aspect très nouveau et très innovant”, selon les dires de la PDG.

Les détails occupent une grande place dans le travail de Cécile FaucheurLes détails occupent une grande place dans le travail de Cécile Faucheur – Bourrienne Paris X

Chez Bourrienne Paris X, le lin vient de Belgique, la popeline d’Italie, les galons brodés inspirés de l’hôtel de Bourrienne sont réalisés par une manufacture centenaire du Nord de la France, les plissés par un artisan breton, et la nacre vient d’Australie. Les chemises, elles, sont réalisées dans des ateliers portugais et roumains, et la maison réfléchit à d’autres lieux de production, également en Europe de l’Est.

Une priorité donnée au digital

Bientôt âgée de dix ans, Bourrienne Paris X est désormais dans sa troisième année de rentabilité. Frappée par la pandémie de Covid-19 après des débuts en déficit, la marque a pu “sortir la tête de l’eau” grâce au digital, qui lui confère assez de datas pour répondre aux goûts de ses clients. L’entreprise a su autofinancer ses investissements dans le digital et prévoit de les doubler en 2026 pour accélérer sa croissance, une priorité alors que son site e-commerce génère plus de 50% de son chiffre d’affaires. 

Bourrienne Paris X est largement inspirée de l'Hôtel de BourrienneBourrienne Paris X est largement inspirée de l’Hôtel de Bourrienne – Hôtel de Bourrienne

Bourrienne Paris X investit également dans du SEO, et dans des campagnes Google, Pinterest et Meta, taillées pour chacun des pays où elle est vendue, à savoir aux États-Unis, en Angleterre, en Suisse, au Canada, et en Australie principalement. Les droits de douane, intégrés au prix final outre-Atlantique, ne sont aujourd’hui plus un sujet pour la marque, grâce au pouvoir d’achat de sa clientèle américaine.

Expansion à l’international

Avec 60% de son chiffre d’affaires réalisé à l’étranger, la griffe est revendue par quelques grands magasins, parmi lesquels Le Bon Marché côté Homme à Paris, ainsi que Bongénie à Genève et à Zurich, Lane Crawford à Hong Kong, Isetan, Tomorrowland, United Arrows et Wako au Japon. C’est pour cette raison qu’elle porte son projet devant le jury du prix DHL cette année. 

La marque est finaliste du prix DHL 2025La marque est finaliste du prix DHL 2025 – Bourrienne Paris X

En propre, la marque est toujours basée au 58 rue d’Hauteville, en face de l’Hôtel du même nom, dans le Xe arrondissement de Paris. Il n’est pas rare que les clients curieux soient invités à découvrir le lieu qui inspire la marque au gré des collections. La volonté de la marque de prioriser le digital conditionne son accueil d’investisseurs, dont la contribution la plus chère serait celle de leur expertise.

Pour l’heure, outre la croissance de la marque, Carine Beigbeder est préoccupée par une mission qui n’est pas des moindres : celle de faire durer Bourrienne Paris X dans le temps. Un “vrai challenge” consistant à rester fidèles aux convictions de la maison et d’éviter, au maximum, d’intégrer des phénomènes de mode.

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