HENRIQUE CAMPOS / Hans Lucas via AFP
La ministre des Sports Marina Ferrari, ici quittant l’Élysée à Paris, le 19 janvier 2026.
La ministre a balayé le sujet. « Il n’y a pas de volonté de boycott du côté » du ministère des Sports français concernant le Mondial-2026 coorganisé par les États-Unis, a affirmé Marina Ferrari mardi 20 janvier, après des appels en ce sens en riposte à la politique internationale de Donald Trump.
« Au stade où nous nous parlons actuellement, il n’y a pas de volonté de boycott du côté de notre ministère de cette grande compétition qui est attendue », a indiqué la ministre à la presse lors des vœux du monde sportif.
« Maintenant, je ne préjuge pas de ce qui pourrait se passer, mais j’ai entendu aussi des voix qui s’élevaient qui viennent de certains blocs politiques. Je tiens à ce qu’on dissocie le sport (et la politique). La Coupe du monde de foot c’est un moment extrêmement important pour tous les amoureux du sport », a-t-elle ajouté.
Ce Mondial est organisé au Canada, aux États-Unis et au Mexique, du 11 juin au 19 juillet.
Les critiques d’Éric Coquerel
Mardi, le député LFI Éric Coquerel a appelé la Fifa à ne jouer la Coupe du monde cet été qu’au Mexique et au Canada : « Sérieux on imagine aller jouer la Coupe du monde de foot dans un pays qui agresse ses “voisins”, menace d’envahir le Groenland, détruit le droit international, veut torpiller l’ONU, instaure une milice fasciste et raciste dans son pays, y attaque les oppositions, interdit d’accès à l’épreuve les supporters d’une quinzaine de pays, prévoit de bannir des stades tout signe LGBT, etc… ? », a-t-il écrit sur X.
Mardi également, la secrétaire d’État allemande aux Sports Christiane Schenderlein a indiqué à l’AFP que la Fédération allemande de football (DFB) et la Fédération internationale (Fifa) décideront en toute « autonomie » d’un éventuel boycott ou non du Mondial, et que « le gouvernement fédéral acceptera cette appréciation ».
Face aux tensions nées de la volonté américaine de s’emparer du Groenland et des menaces de taxes douanières accrues contre les États européens qui s’y opposent, de premières voix évoquant un boycott – voire une annulation – du Mondial se sont fait entendre en Allemagne, grande nation du foot, ces derniers jours.
Si Donald Trump met à exécution ses « menaces concernant le Groenland et déclenche une guerre commerciale avec l’UE, j’ai du mal à imaginer que des pays européens participent à la Coupe du monde », a déclaré l’influent député conservateur Roderich Kiesewetter mardi au journal Augsburger Allgemeine.
Lundi dans un entretien au Figaro, Claude Le Roy, l’ancien sélectionneur du Sénégal, disait « se demander s’il ne faudrait pas appeler au boycott de la Coupe du monde 2026, vu le comportement de Donald Trump à l’égard du continent, avec un président de la Fifa (Gianni Infantino) qui se targue d’être à ses côtés. Les dirigeants au plus haut niveau du foot ne parlent plus jamais de foot mais que de fric ».