Depuis des années, la caserne Faron occupe une place à part dans l’histoire vandopérienne, comme une page dont la suite tardait à s’écrire. Réquisitionnée à partir de 2013 pour l’hébergement d’urgence de migrants, l’ancienne caserne Faron – ex-emprise logistique de l’armée, avec ses hangars, ses écuries et même une immense boulangerie – est longtemps restée figée, hors de portée de toute projection durable.

Pour la municipalité, la priorité a été de reprendre la main sur ce foncier stratégique. « Celui qui possède le foncier, c’est celui qui décide, et comme il s’agit d’un terrain stratégique pour l’avenir de la commune, il nous semblait indispensable que la Ville en soit propriétaire, même si l’aménagement sera ensuite confié à des professionnels », rappelle le maire, Manu Donati. En juin dernier, la Ville a finalisé l’acquisition du site pour 1,5 million d’euros, à travers l’Établissement public foncier du Grand Est (EPFL), mettant un terme à un long feuilleton administratif.

Tout un quartier à réinventer

L’enjeu est désormais celui du projet. « C’est un investissement majeur. Le souvenir que je laisserai, ce sera au moins d’avoir investi sur cinq hectares. » La méthode se veut progressive, pensée « en quatre quarts ». D’abord, le logement, dans le prolongement de l’écoquartier Bianca-Maria, encore en cours d’achèvement. « Il ne faut pas commencer à construire ici tant que ce n’est pas terminé à côté. Il y a un besoin : pour cinq personnes qui demandent un logement social aujourd’hui, nous ne pouvons en loger qu’une seule. »

Vient ensuite un grand espace vert, appelé à devenir un lieu de respiration dans un secteur dense et minéral. « Le patrimoine arboré existant vaut de l’or, il faut le valoriser. » Troisième pilier : l’activité économique de proximité. Plusieurs entreprises ont déjà manifesté leur intérêt pour le site, notamment sur les parcelles les plus visibles. « Il y a des acteurs économiques qui sont intéressés, parce que la localisation est remarquable. Pour nous, c’est important de garder des commerces et des activités de proximité, qui font vivre le quartier au quotidien », insiste le maire.

Enfin, les usages culturels et sportifs. La Ville a acté l’installation du projet Le P’tit Faron, porté par l’association Les Paraboleurs, autour de la création numérique. Le projet de salle sportive dédiée au volley-ball, porté par Serge Petiot, président du VNVB, ne verra pas le jour faute de financements. Pour autant, la piste d’un équipement sportif n’est pas abandonnée. « Le grand hangar a un potentiel à explorer », glisse le maire.

Les contours de la nouvelle vie de Faron s’esquissent, reste désormais à en définir précisément les usages et le calendrier.

Tous les articles de notre dossier « L’armée en Lorraine : destins liés et contrariés » sont à retrouver ici.