Des manifestations de la communauté kurde ont dégénéré mardi soir à Marignane, mais aussi à Marseille où, dans le 8e arrondissement, la tour France Télévisions a été investie dans l’après-midi par une vingtaine de personnes alors que le personnel se trouvait à l’intérieur.

Rassemblés pour soutenir le Rojava, cette région autonome du nord-est de la Syrie menacée par les assauts de l’armée d’Ahmed al Charaa, ex-djihadiste devenu président par intérim après la chute de la dictature de Bachar al Assad, les participants entendaient dénoncer  » le silence, la passivité voire la complicité des grandes puissances « .

Une cinquantaine d’individus « très agités »

Mais à Marignane, où 350 personnes s’étaient réunies sur la place de la mairie avec des drapeaux du YPG (la branche armée du Parti de l’union démocratique kurde en Syrie, N.D.L.R.) et des pancartes en soutien au Rojava tout en scandant des slogans en langue kurde, la manifestation non déclarée a tourné à l’affrontement avec les forces de l’ordre, lorsque le cortège a gagné l’avenue du 8-Mai 1945.

Une cinquantaine d’individus, « très agités » selon la police, se seraient alors désolidarisés du groupe avant de dissimuler leur visage tout en ramassant pierres et branches sur leur passage.

Sur les coups de 20 heures, alors que plusieurs feux de containers étaient signalés, de nombreux effectifs de police – brigade anticriminalité (BAC), groupe de sécurité de proximité (GSP), brigade spécialisée de terrain (BST), mais aussi police secours et même un commandant du service de nuit, les uns venus Vitrolles et d’Istres, les autres d’Aix-en-Provence – ont été envoyés sur place.

Un homme de 29 ans interpellé

Mais loin de calmer les esprits échauffés, la présence policière a plutôt déclenché des jets de projectiles, au point de blesser 9 policiers. Dans un inventaire sanguinolent, un membre des forces de l’ordre énumère une collègue blessée à la cuisse, un autre avec une plaie saignante au menton, et toute une cohorte de poignets, tibias, mollets, chevilles, pieds ou orteils, suturés dans le meilleur des cas, voire fracturés.

Un individu de 29 ans a été interpellé après avoir jeté des projectiles sur des effectifs de la compagnie départementale d’intervention (CDI).

Le calme a finalement été rétabli un peu avant 22 heures, non sans usage de grenades de désencerclement et autres tirs de lanceurs de balle de défense (LBD).