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À moins de deux mois des municipales (15 et 22 mars 2026), la campagne peine encore à décoller dans les grandes métropoles françaises. Pourtant, les derniers sondages révèlent des rapports de force qui se cristallisent. Tour d’horizon des enjeux et des chiffres clés à Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux, Lille et Toulouse.

À deux mois du scrutin des élections municipales, les grandes villes françaises affichent des dynamiques contrastées. Alors que les alliances sont déjà bouclées, la campagne va s’accélérer dans les prochaines semaines. Mais les premiers sondages mettent déjà certains candidats en tête des suffrages.

Paris : Rachida Dati fait la course en tête

Selon un sondage Ipsos pour Le Parisien (décembre 2025), l’actuelle ministre de la Culture domine le premier tour avec 27 % des intentions de vote, profitant d’une gauche divisée entre Emmanuel Grégoire (PS, 20 %) et l’écologiste David Belliard (14 %). L’étude souligne un rejet massif du bilan propreté d’Anne Hidalgo, qui n’obtient que 29 % de satisfaction, bien que sa politique de circulation à 30 km/h soit soutenue par 58 % des Parisiens.

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Marseille : Duel historique entre Benoît Payan (PS) et le RN

La course à l’hôtel de ville de Marseille s’annonce particulièrement serrée. Selon un sondage Ipsos-BVA publié par La Marseillaise, Benoît Payan (DVG) et Franck Allisio (RN) se disputent la tête du premier tour des municipales, prévu le 15 mars prochain. Les deux candidats sont crédités de 30 % des intentions de vote dans cette enquête menée auprès d’un échantillon représentatif de 801 Marseillais. Derrière ce duo, la candidate de la droite et du centre Martine Vassal recueille 23 %, tandis que Sébastien Delogu (LFI) reste cantonné à 14 %, dessinant un premier tour dominé par un duel gauche – Rassemblement national.

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Lyon : Grégory Doucet menacé par l’effet « Aulas »

Le maire écologiste sortant, Grégory Doucet, est crédité de 38 % dans une hypothèse d’union de la gauche, selon Elabe pour BFM Lyon (janvier 2026). Cependant, sa position est fragilisée par la montée de Jean-Michel Aulas, qui atteint 34 % en cas de ralliement du centre et de la droite. Le meeting de Grégory Doucet du 17 janvier 2026 a tenté de recentrer son discours sur la sécurité pour contrer les critiques de ses opposants.

Bordeaux : Pierre Hurmic résiste

Un sondage OpinionWay, place le maire écologiste sortant Pierre Hurmic en tête au premier tour à Bordeaux, avec 32 % des intentions de vote, devant Thomas Cazenave (Renaissance) à 26 %. Pour le second tour, les résultats varient selon les scénarios testés : dans une triangulaire face à Hurmic (36 %) et Nordine Raymond (LFI, 20 %), Cazenave l’emporterait avec 44 % des voix. En revanche, en cas de quadrangulaire incluant une liste d’union centre-droit conduite par Cazenave, c’est Pierre Hurmic qui sortirait vainqueur avec 35 % des suffrages, contre 31 % pour Cazenave, 18 % pour LFI et 16 % pour le RN.

Lille : La fin de l’ère Aubry

Après 25 ans de règne, Martine Aubry a passé le relais à son adjoint Arnaud Deslandes (PS). Un sondage Ipsos montre une bataille serrée pour la succession : le PS est en tête à 21 %, talonné par les Écologistes de Stéphane Baly (19 %) et Violette Spillebout (Renaissance) à 17 %. Sans une union claire de la gauche, le « Beffroi » de Lille est jugé vulnérable pour la première fois depuis des décennies.

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Toulouse : Le duel des « deux gauches » profite à Jean-Luc Moudenc

Le maire sortant, Jean-Luc Moudenc (DVD/LR), a officialisé sa candidature dès novembre 2025. Un sondage Ifop-Fiducial le place largement en tête du premier tour avec 36 %.

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La gauche part sur deux lignes divergentes. D’un côté, François Briançon (PS), soutenu par les Écologistes et les Communistes, incarne une gauche « sociale-démocrate » (22 %). De l’autre, François Piquemal (LFI), allié au NPA, porte une ligne plus radicale (14 %). Tout se jouera au second tour.