(Actualisé tout du long avec déclarations, précisions, liens
hypertexte; photo à disposition)
Le président
américain Donald Trump a déclaré qu’il rencontrerait jeudi son
homologue ukrainien Volodimir Zelensky en marge du Forum
économique mondial de Davos, estimant qu’un accord était
« raisonnablement proche » pour mettre fin au conflit de près de
quatre ans entre l’Ukraine et la Russie.
S’il a déploré que Volodimir Zelensky et le président
russe Vladimir Poutine ont tour à tour fait marche arrière sur
la conclusion d’un accord – quand l’un voulait signer, l’autre
non, a-t-il dit en substance -, Donald Trump a estimé mercredi
que les deux dirigeants étaient désormais prêts à arrêter la
guerre.
Un accord est « raisonnablement proche », a-t-il dit lors
d’un
discours prononcé à Davos
, lors duquel il a par ailleurs répété vouloir prendre le
contrôle du Groenland, réclamant l’allégeance des alliés de
Washington.
« Il faut que nous stoppions cela », a poursuivi le
président américain. « S’ils ne le font pas, ils sont stupides »,
a-t-il ajouté à propos de ses homologues ukrainien et russe.
Ces commentaires interviennent alors que la capitale
ukrainienne Kyiv a été
privée de chauffage
par des frappes menées par Moscou, qui a intensifié ses
attaques contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes en
parallèle aux négociations supervisées par les Etats-Unis.
Donald Trump a déclaré à deux reprises mercredi qu’il
rencontrerait Volodimir Zelensky plus tard dans la journée, ce
qu’a contredit une source informée de l’emploi du temps du
président ukrainien, avant que le président américain ne fasse
savoir que cette réunion se tiendrait jeudi.
L’émissaire spécial du président américain, Steve
Witkoff, a
annoncé séparément
mercredi qu’il se déplacerait à nouveau à Moscou jeudi pour
y rencontrer Vladimir Poutine.
Au cours de son discours à Davos, le locataire de la
Maison blanche a déclaré qu’il avait par le passé anticipé que
ces négociations de paix seraient plus rapides, alors qu’il
avait promis durant la campagne électorale américaine de 2024 de
stopper le conflit en « vingt-quatre heures seulement ».
Revendiquant à nouveau avoir stoppé « huit guerres »
depuis son retour au pouvoir il y a un an, Donald Trump a
expliqué l’absence d’accord de paix entre l’Ukraine et la Russie
par la « haine anormale » entre les dirigeants des deux pays.
Dans une
interview à Reuters
la semaine dernière, il a décrit Volodimir Zelensky comme
le principal obstacle à un accord de paix, après avoir
reproché
l’an dernier au président ukrainien d’être à l’origine de
la guerre, pourtant provoquée par l’invasion lancée par Moscou
le 24 février 2022. Kyiv n’est pas un obstacle à la paix, a
répondu
Zelensky jeudi dernier.
Les Européens ont exprimé par le passé leur crainte
qu’un accord soit scellé par les Etats-Unis avec la Russie au
détriment de l’Ukraine, soulignant également la nécessité de
garanties sécuritaires à Kyiv en cas de cessez-le-feu.
(Reportage de Steve Holland et Andrea Shalal; version française
Tangi Salaün et Jean Terzian, édité par Blandine Hénault)