Dans son discours fleuve au Forum économique de Davos, le président américain a affirmé que la Suisse « ne serait plus la Suisse sans les Etats-Unis ». Il a aussi justifié les droits de douane sur les produits helvétiques et regretté « l’attitude agressive » de Karin Keller-Sutter. Une diatribe qui n’a pas empêché Guy Parmelin de parler de discussion « courtoise mais ferme » avec Donald Trump en soirée.

« La Suisse est un endroit formidable, avec des gens extrêmement brillants », a lancé Donald Trump dans son discours au WEF. Mais selon lui, le pays profite largement du marché américain.

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« Ils arrivent, ils vendent leurs montres, pas de droits de douane, ils rentrent chez eux, et ils gagnent 41 milliards de dollars au passage », a-t-il affirmé avant une rencontre avec les conseillers fédéraux Guy Parmelin, Karin Keller-Sutter et Ignazio Cassis (voir encadré).

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« J’aurais pu imposer 70% de taxes à la Suisse, mais le pays serait certainement détruit dans ce cas, je ne vais donc pas faire ça », a déclaré Donald Trump.

Une négociation sous pression

Le président américain a relaté les négociations des derniers mois avec Berne, ironisant sur l’ancienne présidente de la Confédération Karin Keller-Sutter. « La Première ministre (sic), une femme, m’a dit ‘Non, vous ne pouvez pas nous taxer, nous sommes un petit pays’. » « Je voulais d’abord taxer la Suisse à 30%, mais j’ai ensuite décidé de monter les droits de douane à 39% », a déclaré le républicain, estimant que Karin Keller-Sutter avait été « particulièrement agressive ».

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La réponse de Donald Trump a été directe: « Vous êtes un petit pays, certes, mais vous êtes un grand pays », lui aurait-il répondu, faisant référence au déficit commercial.

Il a ensuite évoqué la visite des représentants des entreprises suisses, qui l’aurait convaincu de baisser les droits de douane.

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Négociations encore en cours

Le président américain a généralisé son propos. « Il y a beaucoup de pays qui sont ce qu’ils sont grâce à nous », a-t-il déclaré. Il est allé plus loin concernant la Suisse: « Sans les Etats-Unis, ce n’est plus la Suisse », a-t-il affirmé.

Donald Trump a toutefois nuancé son approche. « Je ne veux pas blesser les gens. Nous allons donc ramener les taxes à un niveau plus bas », a-t-il ajouté.

Ces déclarations interviennent alors que Berne veut faire avancer l’accord avec les Etats-Unis qui permettra de sécuriser les taxes de 15% appliquées depuis novembre. Le mandat de négociation est prêt côté suisse.

Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent, acteur-clé des négociations, s’est montré encourageant cette semaine à Davos, mettant en avant des relations « sur le bon chemin ». C’est toutefois Donald Trump qui a le dernier mot, avait souligné le président de la Confédération Guy Parmelin la semaine dernière.

vkiss avec ats