Devant le Forum économique mondial de Davos, Donald Trump a atteint les plus hauts sommets de la mégalomanie. Il se voit plus que jamais dans la peau du chef d’État providentiel. Le plus grand Président de tous les temps. Un visionnaire incroyable, fantastique, exceptionnel. Tac Tac badaboum, c’est le Bébel (et pas le Nobel) du monde moderne. Depuis un an et le début de son second mandat, il a, à l’entendre, réussi à redresser l’économie américaine, conclu huit accords de paix, mis fin à la folie « verte » et écologique des Européens. Et comme il est entouré des « meilleurs », forcément, il a pu forer du pétrole et du gaz à tout va, dans des proportions jamais égalées. Mais voilà, dans sa carte postale du monde, son Amérique à lui est encerclée par un océan d’ingratitudes. Que des ingrats ! Au premier chef, l’Europe. Le Vieux Continent, il ne le reconnaît plus. Sans croissance, submergé par « des vagues de migration de masse ». L’Otan aussi. Une institution perfide alors que les États-Unis l’ont portée. L’Europe et l’Otan, il les vomit d’autant plus qu’ils lui refusent aujourd’hui ce « bout de glace » baptisé Groenland. Impensable dans son esprit, car un pays suiveur, soit tout le reste du monde, doit se soumettre et s’écraser. Juste un conseil. Il promet de ne pas utiliser la force armée mais il a quand même dans sa manche des droits de douane tout aussi violents. Pour répondre à Trump, le monde change de ton et répond par du Trump. On assiste à une escalade verbale débridée. L’obséquiosité des chefs d’État thuriféraires qui ont tenté tous les coups d’encensoir pour faire revenir à la raison le locataire de la Maison blanche ayant échoué, il ne reste plus que deux options : plier ou résister. La boussole tend vers le rapport de force. Mais dans ce jeu de coq non désiré, il faut à tout prix éviter de tomber dans le piège d’être la première brute à lancer les hostilités à coups de bazookas.