Kamel B. est doublement miraculé. En 2019, il échappait à une rafale qui avait blessé cinq personnes et coûté la vie à un homme de 22 ans à la cité des Rosiers (14e). « J’étais là au mauvais endroit », assure à la barre le jeune homme de 25 ans, barbe fournie et cheveux attachés en arrière.

En 2020, il se trouvait à l’avant d’une voiture garée au bout d’une impasse de la Belle-de-Mai (3e), proche d’un point de deal, quand celle-ci avait été mitraillée par l’arrière. De nouveau, Kamel B. était passé à travers les balles. Une passagère de 19 ans, atteinte à la tête, n’avait pas eu cette chance. Victime collatérale d’une guerre de territoire qui ne la concernait pas, Sarah était décédée deux jours plus tard à l’hôpital. « C’était ma petite amie », confirme Kamel B, visage éteint. « J’étais là au mauvais moment. J’ai été visé deux fois pour rien dans ma vie », estime-t-il.

La cité des Marronniers au cœur d’un conflit sanglant entre bandes rivales, les Oliviers et les Blacks

Depuis lundi, et jusqu’à ce mercredi 21 janvier, c’est dans un rôle plus actif qu’il comparaissait devant le tribunal correctionnel de Marseille au côté de cinq autres personnes accusées d’avoir participé, en août 2022, à un