La veille au soir, elle était à Limoges pour le premier meeting du député LFI et candidat à la mairie Damien Maudet, à la tête d’une liste « Front populaire ». Autre ville, autre stratégie. Ce mercredi, c’est Benoît Payan, le maire (DVG), que Marine Tondelier est venue soutenir, sans ambages.

« Je suis très fière d’être là aujourd’hui parce qu’il y a un accord historique qui s’est noué avec le Printemps marseillais, derrière la candidature de Benoît Payan, avec des écologistes motivés qui ont fait un super mandat, qui ont fait tout ce qu’ils pouvaient », lance la secrétaire nationale des Écologistes, depuis la permanence du Printemps marseillais sur la Canebière.

« Nous sommes antifascistes et nous ne tremblerons pas »

Fini donc le temps des incertitudes quand, en septembre, lors de son déplacement à Marseille, on la voyait en photo sur les réseaux sociaux tantôt avec Benoît Payan (DVG), tantôt avec Sébastien Delogu (LFI). Désormais, Marine Tondelier affiche son soutien au Printemps marseillais et n’hésite plus à tacler le candidat marseillais de La France insoumise, auquel s’est ralliée une petite partie des écologistes avec Vaï, le mouvement de Sébastien Barles : « On ne peut pas entendre un candidat de gauche dire, alors qu’il est loin dans les sondages, ‘moi mon but dans la vie, c’est que Monsieur Payan ne soit plus maire de Marseille’. Parce qu’en fait ça veut dire quoi ? Que ce soit le RN ? Là, on a un problème. » Quid du deuxième tour ? « On répondra aux questions le soir du premier tour. Le deuxième tour dépendra des scores du premier. »

Consciente que la division de la gauche peut amener l’extrême droite au pouvoir, la cheffe de file des Écologistes n’hésite pas à se faire menaçante : « Franchement, on va les attendre au tournant et je pense que les électeurs ne leur pardonneront pas. »

« Se rassembler, c’était de notre responsabilité »

Plus que jamais, pour la conseillère régionale des Hauts-de-France, qui a conduit en 2020 à Hénin-Beaumont une liste face au maire RN sortant Steeve Briois, l’extrême droite est le premier adversaire : « Je pourrais vous en parler des heures, c’est aussi le sens de ma présence aujourd’hui. » Et d’asséner, déterminée : « Il y a des sondages inquiétants à Marseille [qui placent l’extrême droite et le sortant au coude-à-coude]. Nous sommes antifascistes et nous ne tremblerons pas. » À ses côtés, Benoît Payan, qui a fait du duel avec le Rassemblement national l’un de ses axes de campagne, renchérit : « Ce qui se joue, c’est un basculement, ou pas, de cette ville vers un parti qui fait de la division et du repli sur soi son fonds de commerce. On devait se rassembler, c’était de notre responsabilité. »

Lundi 19 janvier, les Écologistes ont déterminé un vivier de vingt personnes susceptibles de rejoindre la liste du Printemps marseillais version 2026. Les négociations ont en effet débuté pour déterminer le nombre de places qui leur sera octroyé. « Les Verts sont exigeants, ça veut dire… chiants », rit Marine Tondelier. Les listes du Printemps pourraient-elles accueillir Amine Kessaci, militant écologiste et anti-narcotrafic ? « On va le laisser dire ce qu’il veut, vivre sa vie et ses envies », répond le maire, qui insiste : « sa sécurité doit primer. »

Celle qui s’est battue aux législatives de 2024 pour réconcilier la gauche du temps du Nouveau Front populaire rappelle la stratégie des écologistes pour les municipales, une stratégie qui se construit « au niveau local, avec les militants, et non depuis Paris » : « Partout en France, on a voulu les unions les plus larges possibles. Pourquoi ? Parce que les villes de gauche doivent rester à gauche, parce que les villes écologistes doivent rester écologistes. Et parce que, évidemment il faut qu’un maximum de villes de droite et du centre, voire d’extrême droite, basculent à gauche. »