Face à la crise du logement et des loyers, dont les tarifs augmentent sans cesse, il est parfois compliqué de se loger à Paris. C’est le cas notamment pour les classes moyennes qui ne peuvent pas prétendre aux logements sociaux et parfois pas accéder à l’habitat privé. En mars 2025, la Ville de Paris avait ainsi annoncé qu’en compagnie de celle de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), la création d’une foncière du logement abordable. Cette foncière, détenue à 99% par la Ville de Paris et 1% par Saint-Ouen doit racheter des immeubles dont elle confiera la gestion à des bailleurs sociaux dans le cadre de baux emphytéotiques (18 à 99 ans).
Par la suite, c’est aux bailleurs sociaux de proposer des loyers à prix «abordables», c’est-à-dire 25% moins élevés que les prix du marché. Cela équivaut à des baisses de loyers de 10 euros par mètre carré en moyenne, peut-on lire sur le communiqué. Si les premiers logements (rue Pajol, XVIIIe arrondissement) doivent être livrés au mois de janvier, l’objectif à terme est de porter à 6 000 le nombre de logements abordables dans la capitale. La Foncière souhaite également développer ce type de logements à Saint-Ouen et dans le Grand Paris.
Entre 350 et 400 logements chaque année
Selon Le Parisien, la Ville espère mettre sur le marché entre 350 et 400 logements par an. Les annonces seront publiées tout simplement sur le site grand public SeLoger. «Paris est et doit rester une ville vivante, accessible aux classes moyennes et populaires. C’est pour cela que nous proposons des logements abordables et publics, et c’est comme cela que Paris restera Paris», plaide auprès du Parisien la présidente de la Foncière et conseillère déléguée en charge de l’encadrement des loyers, Barbara Gomes. Mais pour y prétendre, il faut respecter certains critères.
Dans un premier temps, les revenus du foyer doivent être compris entre 1 500 euros et 3 800 euros par unité de consommation et par mois, avec un taux d’effort fixé à 33% maximum. Il est nécessaire d’habiter ou de travailler à Paris ou dans le Grand Paris. En outre, le logement doit être la résidence principale et les prétendants ne doivent pas être déjà propriétaires. Enfin, la composition du foyer doit être proportionnelle à la taille du logement.
Pour les bénéficiaires, l’opération s’annonce intéressante. Par exemple, un T2 de 45 m² sera loué 1 000 euros au lieu de 1 400 euros traditionnellement. Pour Barbara Gomes, la situation était devenue «une telle priorité sociale que l’Union européenne a, pour la première fois de son histoire, nommé un commissaire dédié au logement». La Foncière promet un loyer juste, un logement rénové, une stabilité locative et surtout la liberté de pouvoir rester dans la ville.
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