Par

Théo Zuili

Publié le

21 janv. 2026 à 17h42

À la Région Auvergne-Rhône-Alpes, en plus du jour de carence national non payé, l’exécutif LR de Fabrice Pannekouke, successeur de Laurent Wauquiez, a décidé de retenir jusqu’à sept jours de carence sur les primes en cas d’arrêt maladie.
Une mesure mise en place dès le 1ᵉʳ janvier 2026, voulue comme « une politique de lutte contre l’absentéisme » qui concerne les près de 9 000 agents administratifs, techniques et lycées de la Région avec des pertes de revenus pouvant atteindre « environ 200 euros nets pour dix jours d’arrêt en un mois », selon les syndicats qui dénoncent.

« Le choix du mérite »

Dans sa communication sur le sujet, la Région Auvergne-Rhône-Alpes défend « le choix du mérite » face à un taux d’absentéisme atteignant 10 %, soit environ « 700 agents et 160 000 heures perdues ».

Au sein du nouveau régime indemnitaire des agents, la Région prévoit de « réinjecter les économies réalisées grâce aux jours de carence au bénéfice des agents les plus investis ».

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« Il s’agit de mettre en place une part variable dans la rémunération des personnels en fonction du mérite, de l’investissement, tout ça avec des critères vagues et des ‘groupes de fonction’ (contrairement au régime indiciaire basé sur le grade) tout aussi vagues, dans un contexte permanent de réorganisation des services et des directions », dénoncent Les Ecologistes dans l’opposition du conseil régional.

« Tout le monde est perdant »

L’intersyndicale s’est mobilisée en fin d’année 2025 pour dénoncer un « dogmatisme pur et simple ». « On nous a dit que les médecins faisaient des arrêts de complaisance, moi je ne le pense pas. Quand vous avez déjà des problèmes de santé, vous n’avez pas besoin d’avoir des problèmes financiers par-dessus », tance auprès d’actu Lyon Natalie Sabatier, coordinatrice de la CGT au conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes.

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« Tout le monde est perdant, la Région y compris. Ils perdront dans la durée des arrêts : si on ne fait que repousser l’arrêt pour ne pas perdre de salaire, la corde se ronge de plus en plus et l’arrêt finit par être encore plus long », argue la syndicaliste.

La bataille « perdue » par les syndicats

« Burn-out, pénibilité, désorganisation, perte de sens : derrière l’absentéisme, il y a une réalité humaine que votre gestion libérale refuse de voir », attaque quant à elle l’opposition écologiste.

« Et quand on accroît la charge de travail de ceux qui sont présents car on ne remplace pas les agents, on ne peut pas leur reprocher de finir par tomber malades à leur tour. C’est pas humain pour les personnels qui, on le sait, sont attachés à essayer de rendre la meilleure qualité de service », continue Nathalie Sabatier.

« Maintenant ça a été voté, la bataille est perdue… On nous conduit droit dans le mur », estime-t-elle. La Région, de son côté, « assume pleinement cette réforme, guidée par un principe de responsabilité envers les contribuables et les habitants d’Auvergne-Rhône-Alpes ».

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