Avez-vous l’impression d’avoir changé de monde en passant d’Arkéa à Ineos ?

Oui, forcément. Quand je me retrouve à table entouré d’Egan Bernal, de Carlos Rodriguez, de Filippo Ganna ou de Thymen Arensman, pour ne citer qu’eux, je vois bien qu’il n’y a que des champions avec un palmarès gigantesque dans cette équipe. Mais c’est vraiment cool d’être là. Je sors de ma zone de confort, notamment au niveau de la langue. Je découvre une nouvelle culture, une autre façon de travailler.

Vous étiez le coureur français le plus sollicité. Pourquoi avoir opté pour Ineos ?

Pour ça, justement. J’étais aussi à la recherche d’une certaine expertise et je l’ai trouvée ici. Le cyclisme anglais, sur la piste notamment, a toujours été un peu en avance et c’est ce qui m’a incité à venir. J’ai envie de grandir ici.

Vous avez passé quatre ans chez Arkéa-B & B Hotels, qu’est-ce qui vous surprend le plus chez Ineos ?

La non-pression ! (il s’exclame). C’est un peu bizarre à dire comme ça, mais j’ai moins de pression chez Ineos que chez Arkéa. On prend le temps de travailler, on essaye de se mettre le moins de stress possible. L’équipe Ineos a davantage de budget, elle a moins de pression par rapport à la chasse aux points UCI.

Qu’attendez-vous de cette première saison chez Ineos ?

J’ai envie de m’épanouir, de me connaître davantage, tout simplement. Je veux savoir jusqu’ou je peux aller au sein d’une équipe plus solide. Je veux évoluer, aller vers le haut.

Et en termes d’objectifs ?

Je pense aux courses WorldTour par étapes d’une semaine, notamment. C’est là que j’ai envie de m’affirmer. Pourquoi ne pas en gagner une ? (le cyclisme français attend depuis 2007 un successeur à Christophe Moreau, vainqueur du Dauphiné, NDLR). J’ai montré ce dont j’étais capable sur le Tour de France (7e en 2025). Le « step by step », c’est désormais d’accrocher au moins un podium sur une course par étapes d’une semaine.

L’équipe Ineos-Grenadier pour la saison 2026.L’équipe Ineos-Grenadier pour la saison 2026. (Photo Russ Ellis)Le Tour de France 2026, vous y pensez déjà ?

Pour ce qui est de l’objectif, pas du tout. Pour la simple et bonne raison que j’ai eu zéro pépin, l’an dernier, sur le Tour de France. Tout s’est bien passé. Reste à savoir comment je vais me sentir sur le prochain.

Vous allez travailler avec Geraint Thomas qui a été nommé « directeur course » d’Ineos. Qu’attendez-vous de cette collaboration ?

Il va me faire profiter de son expérience, il a un énorme palmarès. Ça a toujours été un modèle de régularité. Il va m’apporter énormément sur la manière d’aborder des objectifs. Sur la gestion du stress, etc.

En raison d’un accident domestique survenu après le Tour, vous n’avez pas couru depuis l’étape des Champs-Élysées (le 27 juillet), on imagine votre impatience…

Ah oui, j’ai hâte. Grave ! Cela fait un bon moment que j’ai repris l’entraînement, je suis pressé d’avoir un dossard dans le dos. J’ai envie de me battre. J’espère être au rendez-vous, mi-février, dès mes premières courses.

Avez-vous le sentiment d’être davantage attendu en 2026 ?

Pour l’instant, franchement, je ne m’en rends pas trop compte. À cause de cette blessure, je ne suis pas revenu sur une course depuis, donc je n’ai pas conscience des attentes. D’un autre côté, je n’ai pas besoin de ressentir de la pression pour performer. Je n’ai pas envie de me prendre la tête avec ça.

Comment avez-vous vécu la fin de l’équipe Arkéa-B & B Hotels ?

Très bizarrement. Comme j’étais blessé, je n’ai pas pu dire au revoir à tout le monde. J’ai conscience que ça a été très compliqué à vivre pour certains. Ça me fait mal au cœur pour eux. Je ne vais pas recroiser mon ancienne équipe sur les routes et ça me désole.

– Il va débuter sa saison sur le Tour de l’Algarve (18-22 février) avant d’enchainer avec Paris-Nice