Arielle Boulin-Prat et Bertrand Renard sur le plateau de «Des chiffres et des lettres» en 2022
Capture d’écran

Nouvelle offensive pour Arielle Boulin-Prat et Bertrand Renard. Les deux anciens visages du jeu du service public, en procédure judiciaire avec leur ex-employeur, souhaitent que leur indemnité soit revue à la hausse.

Une affaire qui n’en finit pas. Après trois années de combat judiciaire contre France Télévisions et une décision de justice en leur faveur rendue le 27 novembre dernier, les anciens animateurs de l’émission emblématique «Des chiffres et des lettres», Bertrand Renard et Arielle Boulin-Prat remettent une pièce dans la machine.

En effet, les deux visages du jeu diffusé à partir de 1965 sur le service public ont pris la décision cette semaine d’interjeter appel du jugement du Conseil de prud’hommes condamnant France Télévisions à leur verser 450.000 euros. Ce montant, 230.000 € pour «Monsieur Mathématiques» pour ses 47 ans de travail et 220.000 € pour les 36 ans de service de sa collègue, a été jugé largement insuffisant. Chacun réclamant plus de 500.000 euros comme le soulignent nos confrères du Parisien.

France Télévisions condamnée à payer près de 450.000 euros aux ex-animateurs des «Chiffres et des lettres»


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La genèse de ce conflit tient en l’éviction, à l’été 2022, des deux animateurs sous le prétexte d’un changement de formule. « Nous n’avons pas refusé la supposée nouvelle version du jeu puisqu’on ne nous l’a jamais présentée », avaient réagi les principaux concernés dans un communiqué de l’AFP. Et de poursuivre : « Ce qui est désigné pudiquement comme “un désaccord contractuel” a surgi car FTV a exigé une baisse de notre salaire de l’ordre de 60% et a refusé de nous accorder le CDI que nous avons eu l’outrecuidance de réclamer. […] Nous sommes en CDD depuis 36 ans pour Arielle et 47 ans pour Bertrand… Nous n’existons pas alors que nous sommes tous les jours à l’antenne. Cette régularisation a été sèchement refusée, sans explication. C’est inacceptable humainement avant de l’être juridiquement.»

« Nous sommes très heureux de cette décision d’un point de vue des principes. Mais nous sommes aussi au minimum des indemnisations possibles », a affirmé leur avocate, Maître Juliette Mascart, ce mercredi à nos confrères du Parisien en avançant que le jugement en première instance était loin d’avoir couvert « le préjudice» subi par les deux anciens animateurs.

En effet, le 27 novembre dernier, Arielle Boulin-Prat et Bertrand Renard avaient finalement obtenu la conversion de leurs nombreux CDDU en CDI. Seulement, le montant de «l’indemnité de requalification», estimé à environ 5 500 euros par tête par le Conseil de prud’hommes, «correspond à un mois de salaire brut, c’est-à-dire au minimum prévu par les textes», comme l’a souligné leur conseil.

Les deux anciennes stars de France Télévisions avaient également obtenu la reconnaissance de la nullité de leur licenciement et celle d’une «discrimination fondée sur l’âge». Mais là aussi, «ils ont obtenu le strict minimum, c’est-à-dire six mois de salaire brut», a déploré leur avocate au quotidien.

Bien décidés à obtenir plus que ce que le jugement en première instance prévoyait, Arielle Boulin-Prat et Bertrand Renard s’exposent à l’attribution par la Cour d’appel de Paris d’un tout autre montant d’indemnités, d’une incertitude sur leur sort allant de 12 à 18 mois supplémentaires mais également à ne percevoir immédiatement qu’une partie des indemnités – 50.000 euros- sur les plus de 200.000 prévus. À moins qu’un accord entre les deux parties, «peu probable», soit trouvé d’ici là.