Maire de Saint-Aunès depuis octobre 2017 avant d’être réélu en mai 2020 au premier tour, Alain Hugues dévoile les projets d’un nouveau mandat pour la commune de 4 600 habitants dans l’Agglo Pays de l’Or, entre décarbonisation, urbanisme maîtrisé et préservation de la biodiversité.

Pourquoi vous représentez-vous aux municipales de mars prochain ?

J’ai passé toute ma vie à Saint-Aunès. Les habitants me considèrent comme un enfant du pays. Ce qui me motive, c’est avant tout l’amour que je porte à ma commune. J’ai toujours œuvré pour elle, dans le bénévolat, dans les associations, le football, les fêtes. Quand on est bénévole, c’est qu’on aime les gens. En 2017, quand Marie-Thérèse Bruguière est partie au Sénat et que j’ai pris sa suite, je me suis rendu compte que j’aimais vraiment cette fonction. Être à l’écoute des gens rend les choses plus simples.

Votre liste est-elle déjà constituée ?

Ma liste est complète. J’ai seulement remplacé quelques personnes ces derniers jours. Quant à son nom, je le dévoilerai avec mon premier tract, probablement la semaine prochaine.

Comment réagissez-vous à la candidature toute récente de votre adjointe Florence Thomas ?

C’est une incompréhension totale. Je me sens trahi. Jusqu’au dernier moment, elle n’a rien laissé paraître. On a voté tout à l’unanimité pendant six ans. Rien ne laissait présager cela.

Quelle est la composition de cette liste ?

Sur les 23 élus du départ, nous sommes 11 à repartir. Mon premier adjoint est décédé. Quatre élus partent avec Florence Thomas. D’autres arrêtent simplement. C’est une équipe renouvelée, mais solide. Et apolitique, tout comme moi sans étiquette.

« Aujourd’hui, le pôle médical regroupe 22 professionnels de santé »

Vos principaux motifs de fierté de ce mandat ?

D’abord l’école. Alors que 60 % des classes ferment dans l’Hérault, nous en avons ouvert sept : trois maternelles et quatre élémentaires. Nous avons investi plus de 2 M€ dans le groupe scolaire. Aujourd’hui, 487 enfants y sont scolarisés, avec un total de 19 classes. Et toutes climatisées !

D’autres réalisations marquantes ?

Oui, un centre associatif pour 1,5 M€, une crèche de 25 places ou encore le centre de loisirs accueillant une centaine d’enfants. Mais ma plus grande fierté, c’est le pôle médical. Nous avions trois médecins partis à la retraite en même temps. Nous avons réaménagé des locaux municipaux pour accueillir trois nouveaux médecins, puis d’autres praticiens qui ont suivi : infirmières, podologues, dentistes, et même un pharmacien. Aujourd’hui, le pôle regroupe 22 professionnels de santé.

Comment se traduit la proximité que vous évoquez souvent ?

Je suis un maire de terrain. Quand quelqu’un m’appelle pour un problème, je vais voir sur place. Je règle les choses rapidement. J’ai aussi organisé plus de 40 réunions publiques en six ans.

Vous avez aussi consulté les habitants sur la limitation à 30 km/h ?

Oui, et ils n’ont pas voulu. Donc on ne l’a pas fait.

« Je veux freiner l’urbanisme »

Quels sont vos grands projets pour le prochain mandat ?

Le premier, c’est la décarbonisation de la commune. Nous allons produire notre propre énergie grâce à des panneaux photovoltaïques installés sur des bâtiments publics et des ombrières. Nous produirons plus que ce que nous consommons. Le marché est lancé, l’appel d’offres terminé. Nous discutons encore du montant des loyers avec le développeur, car les prix ont baissé ces dernières années.

"Nous avons trop construit ces dernières années. Je veux freiner ce rythme."

« Nous avons trop construit ces dernières années. Je veux freiner ce rythme. »
Midi Libre – PCa

On parle aussi d’urbanisme…

Oui, je tiens à un urbanisme drastiquement ralenti. Nous avons trop construit ces dernières années, notamment avec les Châtaigniers. La population a doublé sans que les infrastructures suivent. Je veux freiner ce rythme. Les communes voisines ont connu une urbanisation à outrance : les habitants n’en veulent plus. Nous devons préserver notre qualité de vie.

Vous aviez organisé une réunion publique sur les fourmis : où en est-on de la biodiversité sur le territoire ?

Ce sera aussi un axe important. Nous travaillons depuis deux ans avec les écoles et des étudiants de Montpellier pour recenser la biodiversité locale. C’est essentiel de répertorier cette richesse avant de lancer des dossiers. Par exemple, le Salaison, notre rivière, avait perdu toute vie à cause des rejets des stations d’épuration. Aujourd’hui, elles ne s’y déversent plus et la faune revient. C’est une vraie satisfaction.

Vous avez aussi des projets avec la Métropole, le Département ou la Région ?

Avec la Métropole de Montpellier, nous travaillons sur la sécurisation de la 613, l’entrée et la sortie du village. Le financement est trouvé, mais les travaux tardent à démarrer. Avec le Département et la Région, nous avançons sur l’accès à la gare. Saint-Aunès n’a pas de tram, mais en sept minutes de train, on est au centre de Montpellier. Il y a sept TER par jour. L’accès à la gare doit être amélioré, avec des aménagements pour les personnes à mobilité réduite. Le Département et la Région participent au financement.

Comment allez-vous mener votre campagne ?

Je vais faire des réunions publiques, évidemment. J’adore ça. C’est l’occasion d’échanger directement avec les habitants. Je préfère ne pas en dire trop pour l’instant. Ce qui est sûr, c’est je vais rester à l’écoute, comme je l’ai toujours été.