Longtemps symbole de simplicité et de tradition, le pain n’est
plus toujours ce produit rassurant que l’on glisse machinalement
dans le cartable ou sur la table du petit déjeuner. Derrière
certaines vitrines bien garnies, la réalité est moins dorée qu’elle
n’en a l’air.

Additifs technologiques, farines de qualité discutable, excès de
sel… Une récente enquête de l’UFC-Que Choisir remet
sérieusement en question les pains vendus dans plusieurs grandes
chaînes de boulangerie françaises. Et pour les familles, l’alerte
est loin d’être anodine.

Une enquête qui bouscule les idées
reçues

L’association de consommateurs UFC-Que Choisir a passé au crible
trois pains du quotidien que l’on retrouve dans de nombreux foyers
: la baguette blanche, le pain de campagne et le pain complet.
Objectif : évaluer leur qualité nutritionnelle selon plusieurs
critères précis, parmi lesquels la teneur en sel, la présence
d’additifs, la nature des farines utilisées et l’équilibre
nutritionnel global.

Les résultats montrent de fortes disparités entre les enseignes.
Et l’une d’entre elles se démarque très nettement… mais pas dans le
bon sens. La Boulangerie Louise obtient les plus mauvaises notes de
l’étude, avec une baguette blanche notée 7,9 sur 20, un pain de
campagne à 8,5 sur 20 et un pain complet qui peine à dépasser la
moyenne avec 10,6 sur 20. Des scores jugés médiocres pour des
produits consommés parfois plusieurs fois par jour, y compris par
les enfants.

Trop de sel dans l’assiette des
familles

C’est l’un des points les plus préoccupants soulevés par
l’enquête. La teneur en sel des pains analysés est particulièrement
élevée, bien au-delà de ce que l’on imagine en croquant dans une
tranche encore tiède. Selon l’UFC-Que Choisir, une demi-baguette
blanche de cette enseigne “suffit à fournir 45 % des maximums
quotidiens recommandés par l’Organisation mondiale de la santé
(OMS). C’est plus que beaucoup de paquets de chips !”

Pour les mamans attentives à l’alimentation de leurs enfants,
l’information a de quoi faire réfléchir. Une consommation régulière
de produits trop salés augmente le risque d’hypertension à long
terme et habitue très tôt le palais des plus jeunes à des saveurs
excessivement salées, rendant ensuite plus difficile l’adoption
d’une alimentation équilibrée.

Quand le pain
complet n’est plus synonyme de santé

Autre déception pointée par l’étude : le pain complet. Souvent
choisi par les parents pour ses apports en fibres et son image plus
saine, il ne tient pas toujours ses promesses. Dans le cas de la
Boulangerie Louise, le pain complet affiche un profil nutritionnel
jugé décevant, avec un équilibre loin d’être optimal.

En cause notamment, l’utilisation d’ingrédients transformés et
d’améliorants destinés à standardiser la production à grande
échelle. Là où un pain artisanal se contente de farine, d’eau, de
sel et de levure ou de levain, certains pains industriels
accumulent les ajouts techniques au détriment de la qualité
nutritionnelle. Une réalité invisible à l’œil nu, mais bien réelle
dans l’assiette.

Source : Le Journal des Femmes