La pression s’accroît encore un peu plus sur le premier ministre britannique Keir Starmer après le vote mercredi soir par les Lords d’un amendement visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans.

Keir Starmer a affirmé lundi qu’il n’écartait «aucune option» et a promis d’agir pour mieux protéger les enfants des dangers des réseaux sociaux, mais Downing Street veut attendre les conclusions d’une consultation, attendues à l’été, pour éventuellement légiférer.

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Mais dans l’opposition, comme dans son propre camp, les appels se multiplient ces dernières semaines pour que le Royaume-Uni emboîte rapidement le pas à l’Australie, où l’accès aux réseaux sociaux est interdit pour les moins de 16 ans depuis le 10 décembre.

Un amendement entre les mains de la chambre des Communes

Mercredi, un amendement déposé par le conservateur John Nash a été adopté par la chambre des Lords après plus de deux heures de débat, avec 261 voix pour – 150 Pairs ayant voté contre. Il était co-soutenu par une membre travailliste et un membre libéral-démocrate de la chambre.

«Ce soir, les pairs ont mis l’avenir de nos enfants au premier plan», a réagi John Nash dans la foulée du vote, ajoutant que celui-ci «marque le début du processus visant à mettre fin aux effets catastrophiques des réseaux sociaux» sur les jeunes.

Avant le vote, le porte-parole de Downing Street avait fait savoir que «le gouvernement n’acceptera pas cet amendement», qui doit désormais être examiné à la chambre des Communes où le gouvernement dispose d’une large majorité.

Une interdiction qui divise

Mais celle-ci est divisée. Plus de 60 députés travaillistes ont ainsi adressé dimanche une lettre à Keir Starmer lui demandant d’interdire les réseaux sociaux pour les moins de 16 ans.

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En outre, plusieurs personnalités, dont la star hollywoodienne Hugh Grant, ont appelé mercredi le gouvernement de Keir Starmer à soutenir l’amendement, arguant que les parents «seuls» ne peuvent pas lutter contre les méfaits des réseaux sociaux sur la vie de leurs enfants.

L’interdiction ne fait toutefois pas l’unanimité, certaines associations de protection de l’enfance estimant qu’elle «créerait un faux sentiment de sécurité» en ligne. Selon un sondage YouGov réalisé début décembre, 74% des Britanniques soutiennent une interdiction pour les moins de 16 ans, contre 19% qui s’y opposent.

Actuellement, il faut avoir au moins 13 ans pour ouvrir un compte individuel sur les réseaux sociaux, mais cette règle peut facilement être outrepassée. La récente loi britannique sur la sécurité en ligne (Online Safety Act) a instauré des mesures pour protéger les mineurs des contenus préjudiciables. Pour accéder à de tels contenus, les utilisateurs doivent depuis juillet dernier prouver leur âge via des méthodes sécurisées (reconnaissance faciale, vérification d’identité, etc.).