Les candidats aux municipales à Nice proposent des projets différents pour exploiter ces 30.000 m2 en pleine ville bientôt libres.
Que va devenir l’historique caserne Auvare, dans l’est de Nice (Alpes-Maritimes), au lendemain du déménagement des effectifs dans l’hôtel des polices mutualisé prévu à la fin de l’année ? C’est l’une des questions qui s’immiscent dans la campagne des municipales au bord de la baie des Anges, avec différentes propositions formulées par les candidats.
Il faut dire que plus de 30.000 m2 seront bientôt disponibles, une emprise foncière rare pour ne pas dire exceptionnelle dans la cinquième ville de France. Cet espace laisse donc libre cours à un projet urbanistique important, pouvant transformer considérablement ce quartier plutôt résidentiel et populaire.
La candidate écologiste Juliette Chesnel-Le Roux, alliée avec le PS et le PC, a ainsi présenté, mardi, le projet le plus important de son programme. L’élue niçoise projette de démolir l’ensemble des bâtiments en pierre existants pour ériger un grand théâtre, un complexe sportif et une centaine de logements sociaux. Une ambition qu’elle chiffre à environ 60 millions d’euros.
«Lieu idéal»
«C’est un espace vraiment intéressant pour construire un théâtre de 1200 places, au niveau d’un centre dramatique national. Un équipement a été détruit et remplacé par un préfabriqué, ce n’est pas acceptable», explique la candidate, y voyant un «lieu idéal car bien placé, bien desservi, dans un quartier vivant avec des étudiants». En 2022, à la suite d’une décision de Christian Estrosi pour davantage végétaliser le centre-ville, le théâtre national de Nice avait été rasé. Depuis, trois plus petites salles compensent cette disparition.
Le maire sortant envisage désormais ce grand théâtre dans l’actuel palais des expositions, qui serait alors totalement réaménagé en grand centre culturel avec également la cinémathèque. Concernant l’avenir de la caserne Auvare, Christian Estrosi (Horizons) avait lancé une consultation citoyenne l’année dernière pendant trois mois et il envisage ainsi une «grande salle omnisports». Ce centre pourrait comprendre un complexe de badminton ou encore un vélodrome, entouré d’espaces verts mais aussi de structures pour les associations, selon le dernier communiqué de la municipalité à ce sujet. Son équipe de campagne indique que cette idée va être développée prochainement.
Éric Ciotti (UDR), candidat face à son ancien mentor devenu son pire ennemi, défend plutôt à cet endroit l’aménagement du village olympique en vue des JO d’hiver en 2030, alors que ces logements sont prévus dans la plaine du Var à côté du stade Allianz Riviera qui doit accueillir les épreuves de hockey sur glace. Mais le député niçois s’oppose de longue date à des nouvelles constructions dans cette partie ouest de la ville et aux sites retenus à Nice pour les JO, choix qui serait selon lui trop onéreux et pénalisant pour l’OGC Nice. La caserne Auvare est «mieux intégrée au tissu urbain, proche des pôles universitaires et hospitaliers et offre une reconversion naturelle en logement étudiant et jeunes actifs après les Jeux», a-t-il exposé.
Cas du CRA
Mais le cas du centre de rétention administrative (CRA) situé aussi avec ce commissariat central pourrait freiner les projets de reconversion de tous ces candidats. Depuis plusieurs années, un nouvel espace est recherché dans tout le département, en vain, pour déménager cette prison d’environ 40 places jugée vétuste et inadaptée. Tant que cela ne sera pas concrétisé, il paraît difficile d’engager le moindre coup de pioche. «Nous proposerons immédiatement à l’État un terrain, cela pourrait être dans la plaine du Var», a assuré Juliette Chesnel-Le Roux.
«Toutes les pistes vont devoir être rouvertes afin d’augmenter le nombre de places en CRA, ce qui est toujours une priorité», avait expliqué au Figaro Aurélie Lebourgeois, directrice de cabinet du préfet, à la suite de l’abandon d’un projet au sein de la prison de Grasse, après celui à proximité de l’aéroport de Nice et à La Trinité, commune de la couronne niçoise.
La haut-fonctionnaire indiquait encore que le transfert des policiers de la caserne Auvare vers le nouvel hôtel des polices se fera «indépendamment du CRA, qui restera là tant qu’une nouvelle structure n’aura pas vu le jour». Ces 30.000 m2 n’ont pas fini de susciter le débat après les municipales.