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Rédaction Nantes

Publié le

22 janv. 2026 à 6h46

Le tribunal correctionnel de Nantes a condamné vendredi 2 janvier 2026 un homme de 38 ans et son ex-compagne de 35 ans pour leurs « menaces de mort » respectives à Saint-Sébastien-sur-Loire et Vertou (Loire-Atlantique) lors de leur séparation.

Carole N. avait porté plainte le 7 janvier 2025 au vu de sa « situation compliquée » avec son ex-conjoint : elle avait remis aux enquêteurs « 84 pages d’illustration d’échanges ». L’analyse technique avait révélé « 1 346 appels initiés » par Nicolas C. et « 2 035 messages » en deux mois, dénombre le président à l’audience, « contre 1 000 pour madame ».

Ce célibataire de 38 ans, qui a partagé la vie de la victime entre 2012 et 2021, avait engagé « 75 appels » envers son ex-compagne pour la seule journée du 1ᵉʳ janvier 2025 et « 70 » le surlendemain. « Ce qui est le plus édifiant, c’est la lecture de la teneur des échanges », souffle le président avant de commencer la lecture de ces propos « plus qu’inadmissibles ».

« Je vais sauter à pieds joints sur ta grosse tête de folle, même après quinze ans de prison », « Je veux retourner ta mère, salope ! Tu es le diable » ou encore « Moi aussi je vais violer X. [leur fille, N.D.L.R.] quand je l’aurai : je ne veux plus voir cette enfant de pute, je vais la mettre sur le tapin », avait en effet écrit le prévenu…

« Je vais t’arracher la tête »

« J’étais en colère et j’ai perdu les pédales », explique un an plus tard ce papetier, une fois à la barre. « J’étais très gentil, très mignon et là, on m’a poussé à bout ! Je voulais juste voir ma fille. » L’homme était en fait « prêt à tout, même à l’appeler 1 000 fois » et à « faire des milliers de kilomètres » pour voir sa fille.

Le père de famille – qui avait déjà été condamné en 2023 pour des faits identiques sur cette femme – se serait « aperçu » qu’elle le « trompait » en fouillant son téléphone ». « Elle a trouvé un nouveau copain à Marseille, avec qui elle m’a trompé, et elle a inscrit ma fille dans une nouvelle école dans le 34 », affirme-t-il à la barre.

Le président du tribunal lui a toutefois fait observer qu’il était « inquiétant de banaliser » ce « viol de la vie privée ». « Quand on est en couple, on ne fait pas ce qu’on veut », lui a répondu Nicolas C. à propos de celle qu’il décrit comme « manipulatrice dans l’âme » et « très menteuse ».

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Carole N. – qui vit effectivement en concubinage avec un autre homme près de Carnon (Hérault) – était elle aussi jugée vendredi 2 janvier 2026 pour ses propres « menaces de mort » quand elle vivait encore à Vertou entre novembre 2024 et janvier 2025. « Meurs putain, je vais t’arracher la tête, fils de pute » ou « Je vais te ruiner ta sale vie de merde », avait en effet écrit cette commerciale à son ex-conjoint. Des propos qu’elle « regrette » à présent.

« L’implication de monsieur n’est pas du tout celle de madame »

« Quand j’ai réitéré beaucoup d’appels, c’était parce qu’il était censé venir chercher X. (leur fille, N.D.L.R.) et qu’il ne venait pas, ou qu’à l’inverse, je revenais (sur Nantes, N.D.L.R.) pour la récupérer mais qu’il ne voulait pas me la donner », a expliqué cette femme qui présente un casier judiciaire vierge mais qui est concernée par une procédure pénale en lien avec des « stupéfiants ».

« L’implication de monsieur n’est pas du tout celle de madame », relativise elle aussi la procureure de la République, qui avait requis sa relaxe pour ces « menaces de mort » au nom de la « légitime défense » : la mère de famille était dans « une position où elle était acculée ». « Quand les appels […] malveillants se couplent avec des menaces sur X. (leur fille, N.D.L.R.), c’est abject… On en est, à mon sens, […] à la limite du versant médical », s’inquiète la magistrate.

Le tribunal correctionnel de Nantes a finalement condamné Carole N. à une amende de 500 euros avec sursis pour ses « menaces de mort ». Son ex-conjoint a, lui, été reconnu coupable pour ses « menaces » et ses « appels malveillants » et écope de cinq mois de prison ferme, assortis de la révocation du sursis de trois mois qui avait été prononcé en 2023.

Nicolas C. pourra purger ces huit mois d’emprisonnement chez lui avec un bracelet électronique et ne peut plus exercer son autorité parentale. Il a interdiction de recontacter son ex-conjointe et de paraître chez elle pendant trois ans. Sur le plan civil, il devra lui verser 1 euro pour son « préjudice moral » et 1 815 € pour ses frais de justice.

KL et GF (PressPepper)

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