Publié le
22 janv. 2026 à 7h12
« Soudainement, elle s’est mise à hurler. Je ne l’avais jamais vu comme ça ». Pour Céline Maury, les jours passent, mais le souvenir reste ardent. Le 6 janvier 2026, cette habitante du Perreux-sur-Marne (Val-de-Marne) promenait sa chienne, une épagneul breton de 8 ans, dans une rue recouverte de quelques centimètres de neige, lorsque le comportement de Louna s’est métamorphosé. « Elle a mordu une main de mon frère jusqu’au sang. Il a été contraint d’être opéré ». Incapable de rationaliser cette attitude, la quinquagénaire a mis quelques jours à relier les fils. Son animal de compagnie a été victime de décharges électriques après avoir marché sur une plaque métallique. Deux semaines après les faits, Céline reste courroucée. Cet accident n’est pas isolé. Ces dernières semaines, plusieurs cas ont été recensés à Paris et Île-de-France, dont un particulièrement grave près du parc Monceau (8e).
Un sujet brûlant
L’accident s’est déroulé le même jour que l’électrocution de Louna. Une dizaine de chiens, qui avaient marché sur une plaque d’alimentation électrique reliée à un réverbère, ont été électrocutés. L’un d’entre eux était décédé, malgré les tentatives de réanimation. Révélée par actu Paris, cette information a suscité un vif émoi dans la communauté des propriétaires canins. Mais pas seulement.
En colère, certaines associations réclament des réponses. La Fondation 30 Millions d’amis, qui s’appuie sur des éléments juridiques, a récemment déposé une plainte contre la mairie du 8e arrondissement. Le collectif Monceau Dog Club, qui promeut le bien-être des chiens dans la capitale, a fait savoir sur les réseaux sociaux que d’autres cas d’électrocutions eurent été rapportés par des propriétaires sur le Champ de Mars et à la place de la Bastille.
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La résonance du sujet révèle aussi la dynamique canine dans la capitale. 100 000 chiens figurent au fichier national d’identification des chiens, des chats et des furets (I-cad). Une forte densité qui s’accompagne d’une préoccupation croissante du politique. Un vœu relatif à l’augmentation des espaces verts pour les chiens a été voté en ce sens par le Conseil de Paris en décembre 2025. Plusieurs candidats à la mairie ont également avancé leur programme sur ce sujet.
« C’est rarissime »
Dans ce contexte, la question de la souffrance animale devient brûlante. Les collectivités ne savent pas toujours comment composer avec cette donnée. Voire peinent à communiquer. « La ville ne m’a pas toujours pas donné d’explication », déplore Céline Maury. En revanche, le problème a été réparé par le service de la voirie. Sollicité par actu Paris, le cabinet du maire n’a pas divulgué davantage d’éléments. La propriétaire de Louna va déposer un recours contre la mairie ou l’électricien Enedis.

C’est dans cette rue du Perreux-sur-Marne que Louna a été électrocutée. (©DR)
De leur côté, les vétérinaires font part de leur étonnement. « C’est rarissime. Dans ma carrière, j’ai vu arriver ça 2 à 3 fois », indique pour actu Paris le docteur Anthony Barthélémy, urgentiste réanimateur au centre hospitalier Hopia. « Ce qu’il se passe, c’est davantage dans les foyers, et cela concerne les chiots qui mâchouillent », ajoute-t-il.
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Dehors, ce type de phénomène peut se produire en présence d’une conjonction de facteurs.
« Si le dispositif électrique est défectueux et que la neige fond, les muqueuses des chiens sont vulnérables puisque l’eau est un conducteur extrêmement dangereux. Pour les humaines, c’est différent en raison des chaussures qui font office de barrière »
Docteur Anthony Barthélémy
Vétérinaire urgentiste au centre hospitalier Hopia
La prudence à respecter, mais sans paniquer
Dans les pays confrontés à des hivers rigoureux, les propriétaires canins ont trouvé la parade. « Les maîtres mettent des sortes de protection en tissu au niveau des pattes. Ce sont de petits morceaux qui vont protéger les chiens. En France, où le climat est plus tempéré, les habitudes culturelles sont différentes », expose-t-il.

En 2015, un chien avec des protections au niveau des pattes. (©Illustration/JB/ actu Paris)
Dans la communauté scientifique, tout le monde s’accorde à faire acte de prévention. La dissimulation des fils électriques reste le moyen le plus efficace d’éviter les accidents à l’intérieur du domicile. En revanche, les conseils s’avèrent plus délicats à l’extérieur. « Les chiens ont besoin de se dépenser, et il ne faut pas aller contre ça, mais la prudence est mère de sûreté », résume-t-il.
Bien qu’elle assure ne pas se montrer « paniquée », Céline Maury s’interroge sur l’avenir. « Quand ça va se reproduire ? » Une question sans réponse.
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