Les tensions géopolitiques et les nouveaux droits de douane imposés par Donald Trump n’ont pas entravé la marche en avant d’Haropa Port en 2025. L’établissement, qui administre les places portuaires du Havre, de Rouen et de Paris depuis 2021 a clôturé sa quatrième année (pleine) d’exercice sur un bilan plus qu’honorable. Nommé en février dernier à la présidence du directoire, Benoît Rochet vante « un bon cru ». Les chiffres lui donnent raison.
Si le trafic maritime progresse d’un petit 2% au global, en partie lesté par la dégringolade des exportations de céréales au premier semestre, l’ensemble normando-francilien surperforme sur le segment très rentable du conteneur. Le trafic conteneurisé maritime ressort en hausse de 4% et franchit la barre des 3,2 millions de « boites » : un niveau jamais atteint.
Pour Benoît Rochet, cette progression témoigne de la capacité de résilience d’Haropa dans un environnement très concurrentiel, marqué par la refonte des grandes alliances maritimes entre armateurs. « Nous n’avons pas pâti de cette réorganisation. Elle nous a plutôt profité », se félicite-t-il.
Autre fait remarquable des douze mois passés, le rebond significatif des modes de transport doux dont la part modale sur le conteneur atteint le taux presque inespéré de 20%, le double de ce qu’il était cinq ans plus tôt. Une embellie saluée par les dirigeants de l’établissement portuaire. « La décarbonation des chaînes logistiques connaît en 2025 une accélération sans précédent », observent-ils.
La percée se manifeste en particulier sur le rail. Encalminé depuis belle lurette, le fret ferroviaire entre les ports normands et l’Île-de-France a bondi de 18% sur un an.
La hausse est moindre sur le fleuve où l’activité n’augmente que de 1% en 2025. Celle-ci devrait néanmoins croître dans un futur proche, une fois achevée la « châtière » du Havre : cette digue de 2 kilomètres qui autorisera les barges à accéder directement aux porte-conteneurs stationnés à Port 2000 en 2027.