41 % des femmes cyclistes déclarent avoir déjà été confrontées à des comportements agressifs et/ou sexistes.

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41 % des femmes cyclistes déclarent avoir déjà été confrontées à des comportements agressifs et/ou sexistes.

EN BREF Les femmes subissent des comportements sexistes et agressifs en vélo, freinant leur pratique.
L’enquête Flashs révèle que le vélo est prisé pour la santé et l’économie, mais l’insécurité persiste.
57% des femmes victimes de violences à vélo ont arrêté, soulignant un problème d’accès égalitaire.

Pour se rendre au travail les cheveux au vent, profiter du soleil lors d’une balade dominicale ou se maintenir en forme tout au long de l’année, de plus en plus de Français privilégient le vélo.

C’est ce que démontre une récente enquête menée par l’institut Flashs pour le compte de l’entreprise Materiel-velo.com. Réalisée auprès de 1 250 Françaises et Français utilisant le vélo pour leurs déplacements quotidiens, elle prouve que la petite reine séduit de plus en plus.

Ainsi, près d’un Français sur deux (46 %) déclare utiliser régulièrement ou occasionnellement le vélo pour se déplacer. Parmi eux, surtout des hommes (54 % contre 38 % de femmes), plutôt jeunes : 77 % des utilisateurs de cette mobilité douce ont entre 18 et 24 ans, 72 % ont entre 25 et 34 ans, même si le vélo séduit toutes les tranches d’âge.

Un moyen de transport pratique et économique

Parmi les motivations invoquées par les cyclistes pour justifier leur pratique, la santé arrive largement en tête. 61 % expliquent ainsi avoir trouvé un moyen de faire de l’exercice ou de se maintenir en forme. 43 % font du vélo parce qu’il considère cela comme agréable et un moyen de se détendre. 34 % enfourchent leur bicyclette pour des raisons économiques tandis que 29 % y voient un moyen de gagner du temps sur leurs trajets.

Étonnamment, les considérations écologiques ne semblent pas être la priorité des répondants puisque seuls 27 % disent faire du vélo pour des raisons environnementales. Ils sont en revanche 25 % à l’associer à une expérience libératrice. Enfin, pour près d’un Français sur dix (9 %), il constitue aussi un moyen d’éviter certaines situations désagréables à pied, comme le harcèlement, les regards insistants ou les contacts non souhaités.

L’insécurité, coup de frein à la pratique du vélo

Pour autant, faire du vélo ne prémunit pas contre le sentiment d’insécurité. Pire, ce dernier constitue un vrai coup de frein à cette pratique. 38 % des répondants avouent avoir peur du trafic automobile et 36 % éprouvent un sentiment d’insécurité lié aux comportements des autres usagers.

Ce sentiment est exacerbé chez les femmes : 41 % d’entre elles déclarent ainsi avoir déjà été confrontées à des comportements agressifs et/ou sexistes. Si elles sont surtout victimes de violences verbales (40 %), 39 % ont aussi dû essuyer des mises en danger routières comme des frôlements, des refus de priorité ou des dépassements dangereux, 24 % du harcèlement sexiste (sifflements, « drague » insistante, poursuites, blocages…) et 9 % des violences physiques ou sexuelles (attouchements, agression…).

« On a failli me renverser parce que je n’ai pas donné mon numéro »

L’institut Flashs a recueilli le témoignage de 240 femmes victimes de violences à vélo. L’une raconte ainsi avoir été traitée de « salope » parce qu’elle portait une jupe, une autre avoir été insultée puis suivie par un automobiliste lorsqu’elle n’a pas répondu à ses sollicitations au feu rouge. Parfois, ces comportements ont mis sciemment leur vie en danger. « Une voiture m’a dépassée en me frôlant très fortement… Puis j’ai reçu des insultes », témoigne une femme, tandis que d’autres rapportent des agressions sexuelles caractérisées (« J’ai été touchée dans les parties intimes au feu rouge ») ainsi que des violences physiques (« On a failli me renverser parce que je n’ai pas donné mon numéro. »). En raison de ces violences, 57 % des femmes concernées ont renoncé à faire du vélo.

« Ces récits montrent que les incidents ne sont ni isolés, ni anecdotiques » et témoignent au contraire du « haut coût social » que représente la pratique du vélo pour les femmes, souligne l’institut Flashs, qui rappelle que l’égalité d’accès ne se joue pas uniquement dans les infrastructures. « Si les femmes sont aujourd’hui moins nombreuses à utiliser le vélo que les hommes, ce n’est pas seulement une question d’habitudes ou de préférences – mais aussi de conditions concrètes de pratique. »