Soleure redevient, le temps d’une semaine, la capitale du cinéma suisse. La 61e édition des Journées de Soleure se tient du 21 au 28 janvier et propose « un programme qui interroge fortement les récits dominants », selon le directeur artistique Niccolò Castelli.
« Dans un monde où l’on a tendance à tout classer en noir et blanc, beaucoup de cinéastes suisses explorent les émotions derrière ces oppositions. Ils montrent la complexité du monde avec empathie pour les personnages et avec générosité envers le public », a expliqué le directeur artistique Niccolò Castelli dans le 12h30 de la RTS du 19 janvier.
Le film d’ouverture, « The Narrative », s’inscrit dans cette démarche. Le documentaire raconte l’histoire de Kweku Adoboli, ancien trader de l’UBS à Londres, responsable d’une perte de deux milliards de francs. « Après quatorze ans, on voit que le récit noir et blanc, avec le bon et le méchant, se mêle à des perspectives personnelles, offrant une vision plus profonde de la réalité et du monde financier suisse », ajoute-t-il.
Cette année, 164 longs et courts métrages seront présentés à Soleure. « Cela montre la richesse de la production suisse », note Niccolò Castelli. Il souligne la diversité géographique et linguistique: « Beaucoup de films viennent de Suisse romande, dans tous les genres – animation, fiction, documentaire. »
>> Ecouter l’interview de Niccolò Castelli, directeur artistique des Journées de Soleure, dans le 12h30 : L’invité du 12h30 – Le directeur artistique Niccolò Castelli explique sa programmation des Journées de Soleure / L’invité du 12h30 / 7 min. / lundi à 12:52 Documentaires en force
Le documentaire occupe une place importante: les deux tiers (68%) des films présentés sont des documentaires contre un tiers (32%) des oeuvres de fiction. « Faire un documentaire est souvent moins coûteux et moins complexe que de produire une fiction. De plus, les réalisateurs se tournent parfois vers les séries, laissant davantage de place au documentaire », poursuit le directeur artistique. Niccolò Castelli souligne également la qualité élevée de la production documentaire suisse: « Nos films sont vus dans le monde entier, et cette excellence doit être préservée. »
Plusieurs prix seront remis durant le festival. « Nous avons eu quelques coups de cœur », comme « Be Boris » du Vaudois Benoît Goncerut ou « A bras-le-corps » de la réalisatrice neuchâteloise Marie-Elsa Sgualdo, coproduction de la RTS « très remarquée à Venise », qui sera présentée à Soleure en première suisse.
Il recommande aussi la rétrospective « Histoires », consacrée aux cinéastes suisses qui ont travaillé à New York dans les années 1980 avec des figures comme l’artiste peintre Jean-Michel Basquiat ou la chanteuse Blondie.
olhor avec ats
61e Journées de Soleure, du 21 au 28 janvier 2026.