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Rédaction Paris

Publié le

22 janv. 2026 à 6h54

Longtemps sous les feux de la rampe pour avoir accompagné les artistes Rihanna, Mariah Carey, Pharrell Williams ou encore Janet Jackson, il est désormais sous les feux de l’actualité judiciaire… À partir de ce jeudi 22 janvier 2026, et pendant trois jours, le chorégraphe Mouflih Saoudi, connu sous le nom de Mo Saoudi, comparaît devant la cour criminelle à Paris.
Le chorégraphe de 43 ans est accusé d’avoir violé trois femmes – dont une ancienne compagne à qui il aurait aussi infligé des violences – entre 2017 et 2020 dans la capitale. Il devra également répondre de corruption de mineures sur deux jeunes filles nées en 2003 et 2005 : ses élèves avaient 14 et 16 ans quand il leur aurait envoyé des « messages, vidéos et images à connotation sexuelle ». L’homme comparaîtra libre à son procès : il avait en fait été mis en examen et écroué en mars 2023 dans cette affaire, mais a été remis en liberté à compter de novembre 2021 avant d’être assigné à résidence sous bracelet électronique à compter du 10 mai 2022. Il avait été replacé sous contrôle judiciaire.

Il « refuse » la rupture, les coups pleuvent

Sa compagne, alors âgée de 21 ans, avait été entendue le 10 septembre 2020 : elle avait rencontré le chorégraphe au Lax Studio, dans le 20e arrondissement de Paris, où il enseignait le hip-hop entre 2015 et 2020. Les deux avaient entamé une relation amoureuse, mais la jeune femme avait rapidement constaté « des dizaines d’échanges avec d’autres femmes ». Leur relation avait pris fin une première fois en février 2020.

À l’époque, pendant cette brève rupture, la jeune femme avait « flirté » avec un autre homme. Mais le couple s’était ensuite remis ensemble et « Mo » était devenu « agressif et insultant » à son égard, la menaçant de « diffuser des vidéos » à ses parents… Elle avait tenté de le quitter en juin 2020, mais il avait « refusé catégoriquement cette rupture » et les coups et insultes avaient plu. Il était allé jusqu’à exiger qu’elle « se déshabille ». « Terrifiée », elle s’était exécutée parce qu’il la menaçait de « diffuser » les vidéos intimes. Un « viol » non protégé aurait suivi.

La plaignante s’était par ailleurs souvenue de la journée du 24 juin 2020 : « Mo » lui avait reparlé de son aventure avec un autre homme et l’avait « insultée ». Hors de lui, il l’avait « menacée avec un couteau à viande » qu’il tenait « comme s’il allait la poignarder »… Il avait d’ailleurs placé l’arme « le long de son corps » et « au niveau de son œil », lui indiquant que « là, [je] pourrai[s] te crever l’œil »… Avant de ranger le couteau et d’exiger « une fellation », puis de lui infliger une autre pénétration vaginale « sans préservatif ».

Il avait par la suite « agi comme s’il ne s’était rien passé », dira la jeune femme, qui n’avait pu regagner son domicile que « vers minuit ». Par la suite, elle avait accepté « des rapports sexuels qu’elle ne désirait pas », ne parvenant pas à « se défaire » de cette relation. Un jour, au téléphone, il l’avait aussi « menacée à plusieurs reprises », lui imposant « d’être à sa disposition pour « se vider les couilles »… L’appel avait été enregistré et transmis au service d’enquête.

Emprise et viol

Aux enquêteurs, l’ex-compagne de Mouflih Saoudi avait également laissé entendre qu’il existait peut-être « une autre victime de cet homme », elle aussi « élève de Mo ». La jeune femme, alors âgée de 19 ans, sera identifiée plus tard : elle avait effectivement elle aussi suivi les cours de « Mo » entre mai 2018 et janvier 2019.

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Adolescente, cette jeune femme « consultait » le compte Instagram de « Mo » et il avait commencé à la « draguer », lui proposant de « se rencontrer ». Elle avait refusé, mais s’était toutefois rendue à un cours avec une amie. Les échanges avaient par la suite continué et, en mai 2018, alors qu’elle avait 17 ans, il l’avait emmenée « dîner ».

À cette occasion, elle indiquera être « en classe de terminale » et être « vierge », en réponse aux questions du chorégraphe. La raccompagnant chez elle, elle avait dû le « repousser » lorsqu’il tentait de « l’embrasser ». Par la suite, la lycéenne avait refusé à plusieurs reprises ses propositions de rapports sexuels.

Mais ensuite, la jeune femme se décrivant « sous emprise » avait subi « des viols » alors qu’elle avait clairement indiqué à « Mo » qu’elle « ne voulait pas » avoir de rapports, le tout, « sans préservatif ». Un autre « rapport sexuel consenti » à son initiative à elle était par la suite intervenu en octobre 2018. En janvier 2019, elle avait finalement compris qu’il l’avait « violée ».

Cette jeune femme avait pris attache quelques mois plus tard avec la directrice du Lax Studio pour « lui parler d’un sujet important », mais s’était finalement rétractée, avant toutefois de se confier à un autre professeur de danse. Elle avait finalement déposé plainte fin 2020 après avoir été contactée par la première plaignante.

Il leur faisait « miroiter un avenir professionnel dans la danse »

Le 9 décembre 2020, une troisième plainte émanant d’une jeune femme âgée de 19 ans au moment des faits – qui suivait aussi ses cours – avait été déposée à l’encontre de Mouflih Saoudi. Deux adolescentes, qui ont elles aussi suivi les cours de « Mo » avaient aussi reçu des messages sur Instagram : il leur faisait « miroiter un avenir professionnel dans la danse » et proposait « des cours particuliers ». Selon l’une d’elles, Mouflih Saoudi « savait qu’elle avait 14 ans » lorsqu’il lui demandait « des vidéos d’elle en sous-vêtements ».

La directrice adjointe du Lax Studio a expliqué aux enquêteurs qu’elle le savait « charmeur et caractériel » : Mo était réputé être « borderline avec les filles ». Celui qui se désigne comme « l’un des meilleurs dans son domaine » avait été interpellé le 23 mars 2021 et avait expliqué regarder « le profil Instagram » de ses élèves les plus « avenantes » avec qui il « engageait la conversation » avant de leur proposer « une rencontre dans un bar à chicha » et de « finir régulièrement la soirée à son domicile pour avoir un rapport sexuel » avec celles ayant « montré des signaux forts ».

Cet homme décrit comme ayant une forte appétence « aux jeux d’argent » et qui empruntait régulièrement de l’argent réfutait toutefois les « rapports sexuels avec des mineures », mais concédait « ne pas demander les cartes d’identité ». Dans cette affaire, d’autres jeunes femmes qui ont suivi ses cours ont reçu des messages tendancieux ou décrit des « relations sexuelles non consenties ». Des messages ont d’ailleurs été retrouvés dans ses appareils informatiques.

Le chorégraphe doit être entendu sur les faits vendredi. Le verdict est attendu lundi 26 janvier 2026.

/CB et GF (PressPepper)

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