Et si la prochaine Coupe du monde de football, coorganisée par les États-Unis, était boycottée? A quelques mois du coup d’envoi, le débat enfle en Allemagne. En cause: Donald Trump et les tensions géopolitiques qu’il attise, notamment autour du Groenland. Des députés allemands brandissent la menace.

L’idée de boycott allemand de la Coupe du monde de football, dont le coup d’envoi est prévu en juin, est évoquée à gauche comme à droite.

Des deux côtés de l’échiquier politique, on estime que le président américain va trop loin, notamment sur la question du du Groenland.

Jürgen Hardt, député conservateur, proche du chancelier Friedrich Merz, est l’un des premiers à avoir suggéré de renoncer à la compétition. Pour lui, il est hors de question de faire la fête dans un pays comme les Etats-Unis qui est « agressif vis-à-vis de l’un des Etats membres de l’Union européenne ».

« Le président américain doit être conscient que s’il franchissait ce pas, rien ne serait plus comme avant dans nos relations transatlantiques, y compris les choses qui comptent pour lui, comme la Coupe du monde de football », insiste-t-il, allant même jusqu’à évoquer une annulation du tournoi comme ultime recours pour ramener Donald Trump à la raison.

De son côté, le gouvernement allemand renvoie la balle à la Fédération allemande de football (DFB) et à la FIFA. Ces deux instances sont les seules à pouvoir se prononcer pour un éventuel boycott, alors que les Allemands, eux, approuveraient l’idée en cas d’annexion du Groenland par Washington, selon un récent sondage.

Discussions aussi en France

A noter que la France s’est aussi exprimée sur le sujet mardi. Elle n’envisage pas à ce stade de renoncer à la Coupe du Monde. Malgré, là aussi, plusieurs demandes provenant notamment de la classe politique.

Ce n’est pas la première fois qu’on évoque des menaces de boycott d’une Coupe du Monde. Mais aucun pays n’est en réalité déjà passé à l’action. En tout cas pas depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. On en est toujours resté au stade de la menace, comme ce fut le cas notamment lors du dernier Mondial au Qatar.

Les boycotts de nations, il y en a eu lors de Jeux olympiques, comme en 1980 à Moscou, lorsque 65 pays avaient refusé d’envoyer leurs athlètes pour s’opposer à l’invasion de l’Afghanistan par l’URSS à l’époque.

Adrien Krause/fgn