Exception au sein d’un groupe grenoblois morose, le cadet des frères Trouilloud réalise sa saison de référence, illustrée par ses exploits contre Agen.
S’il a laissé les stats à son coéquipier Raffaele Costa Storti, auteur d’un triplé la semaine dernière face à Agen, l’arrière du FCG Hugo Trouilloud n’en a pas moins capté la lumière, à celle de son immense contre-attaque qui aboutit, cent mètres et deux interventions plus loin, à une réalisation de Bastien Soury qui postule d’ores et déjà au titre d’essai de l’année. De quoi faire parler de lui, bien sûr, sans pour autant bouleverser son quotidien. « J’ai juste pris quelques pièces de la part des copains, mais rien de méchant. Bien sûr qu’il y a un peu de fierté d’être à l’initiative d’une action comme ça mais sur le moment, c’est d’abord l’instinct qui parle. ça m’a souri la semaine dernière, mais je suis évidemment conscient que ça ne sera pas comme ça toutes les semaines. »
Encore que, pour être honnête, le cadet des frères Trouilloud a précisément pris la bonne habitude d’enchaîner les grosses performances cette saison, avec déjà 16 titularisations pour 17 feuilles de match cette saison. « J’ai eu la chance d’enchaîner dès le début de saison, puisque l’équipe a accumulé pas mal de blessures sur les postes du triangle arrière, ce qui m’a permis d’être sur le terrain pratiquement chaque semaine en raison de ce contexte. Et quand on joue, on prend confiance… »
Des qualités athlétiques de septiste
Au point d’être devenu, dixit son capitaine Antonin Berruyer, « un des meilleurs joueurs du FCG cette saison », comme définitivement décomplexé par sa performance XXL livrée lors de l’access-match face à l’Usap, qui l’avait vu lever tous les doutes quant à sa capacité physiquement avec le plus haut niveau. Et démontrer qu’il pouvait, contre un adversaire du rang supérieur, d’autant mieux exprimer ses incroyables qualités athlétiques. « C’est sûr que la vitesse et les enchaînements de tâches sont ma qualité première. Aux postes auxquels j’évolue, que ce soit à l’aile ou à l’arrière, ça aide, et c’est sûr que mon passage à 7 m’a fait grand bien pour développer ma capacité à reproduire ces efforts-là. C’est vraiment une discipline qui aide énormément. On le voit encore aujourd’hui avec de plus en plus de joueurs qui se révèlent au plus haut niveau après être passés par cette filière-là. »
Voilà comment, avec sa saisissante double accélération et ses faux airs d’Ange Capuozzo, Hugo Trouilloud s’est définitivement imposé au sein du XV-type de Jeff Dubois, aux côtés de son frangin qui, par un drôle de concours de circonstances, quittera le club à l’issue de la saison. « Forcément, je l’ai su un peu avant tout le monde, souriait Hugo. Chacun a sa carrière, chacun a ses objectifs et son point de vue. Romain a eu l’opportunité de peut-être être voir ailleurs, il le méritait. Il a fait son choix tout seul et dans tous les cas, quel que soit le choix qu’il fait, je serai toujours très fier et très content pour lui. »
« La qualification, on y croit toujours »
En termes de carrière ? Sous contrat avec le FCG jusqu’en 2027, Hugo Trouilloud ne voit pour l’heure pas au-delà du très court terme. « Mon seul objectif, c’est de continuer à jouer au maximum avec Grenoble, et pourquoi pas d’arracher une place qualificative qui reste possible, jurait Trouilloud. Dans tous les cas, on ne va rien lâcher et se battre jusqu’au bout. Ce vendredi, on affronte l’ogre de la Pro D2, la meilleure équipe de ce début de championnat, qui n’est pas là par hasard. Dans tout ce qu’ils font, ils sont vraiment impressionnants, que ce soit devant ou derrière. Ça sera un très gros test pour nous. » Et le véritable marqueur de la volonté de l’équipe à réussir un énième renversement de situation d’ici la fin de saison, maintenant que tous les observateurs de la Pro D2 ou presque l’ont enterrée. « Nous, on y croit toujours. Si on lâche maintenant, ça ne sert à rien de jouer les prochains matchs. Bien sûr que dans la tête, c’est beaucoup plus compliqué. Mais on y croit, on ne lâche rien, et on va essayer de se battre toutes les semaines pour décrocher cette qualif. » À Trouilloud et aux siens de jouer…