La cuisine ouverte sur le salon fait rêver :
plus de lumière, une impression d’espace, les enfants qui jouent
pendant que l’on cuisine. Sur les plans 3D, tout paraît fluide et
chaleureux. Mais dès que l’on fait frire des nuggets ou un poisson,
l’ambiance peut changer très vite.

Car sans hotte aspirante vraiment efficace,
l’odeur de friture s’incruste dans le canapé, les rideaux et les
coussins. C’est précisément ce que rappellent un ingénieur et un
designer d’intérieur, qui voient passer des dizaines de projets de
rénovation chaque année. Avant d’abattre une cloison, mieux vaut
écouter ceux qui constatent les dégâts au quotidien.

Cuisine ouverte et odeurs de friture : un duo compliqué

Dans n’importe quelle cuisine, la hotte sert à évacuer les
odeurs de friture et de cuisson, l’humidité, la
vapeur et les particules de gras qui finissent sinon sur les
meubles, voire au plafond. Elle limite aussi la condensation qui
tache murs et plafonds. Quand la cuisine est ouverte sur le salon,
ces émanations circulent encore plus vite dans tout le
logement.

Certains propriétaires renoncent malgré tout à la hotte, surtout
en location, en raison du coût, du bruit et d’un design jugé
encombrant. L’ingénieur Daniel Beguería, lui, apprécie beaucoup ces
espaces ouverts : « Personnellement, je les aime beaucoup. En termes
d’espace, je trouve que cela apporte beaucoup à un logement »,
reconnaît-il. Mais il insiste aussitôt sur le fait que ces cuisines
« ne sont pas pour tout le monde ».

Ce que l’ingénieur et le designer constatent vraiment sur le
terrain

Pour Daniel Beguería, la technique a ses limites. « Tu auras
besoin d’une bonne conduite de sortie pour la hotte, d’au moins 150
mm de diamètre, et d’une hotte puissante pour ce type de
configuration. Mais même dans ce cas, tu ne pourras pas éviter que
le salon sente ce que tu es en train de cuisiner », explique
l’ingénieur, cité par le média El Mueble. Les cuissons grasses et
les fritures sont les plus tenaces, surtout dans les petits
appartements.

Le designer Alberto Torres va dans le même sens et résume la
situation avec une image très parlante : « Ouvrir la cuisine sur le
salon sans investir dans une bonne hotte, c’est comme laisser la
porte de la salle de bains ouverte toute la journée. Ce n’est pas
une question d’esthétique, c’est du bon sens », avertit-il. Il
rappelle aussi que le bruit de la hotte, du lave-vaisselle et des
autres appareils se mélange aux conversations et à la télévision,
tandis qu’une cuisine ouverte oblige à la garder « toujours
organisée, rangée et propre », selon Daniel Beguería, ce qui devient
vite compliqué avec des enfants.

Bien choisir sa hotte pour cuisine
ouverte… ou préférer une version semi-ouverte

Dans ce contexte, le choix de la hotte devient stratégique. Les
modèles classiques muraux ou en îlot restent efficaces si leur
débit est adapté et si la ventilation vers
l’extérieur est bien pensée. Les fabricants proposent aussi des
solutions plus discrètes : la hotte intégrée à la
table de cuisson, qui aspire fumées et graisses directement à la
source, vers le bas ou sur les côtés. Ces systèmes, très en vue en
2025 et 2026, libèrent l’espace au-dessus de la plaque, restent
plus silencieux et se nettoient facilement grâce à des filtres
amovibles qui passent au lave-vaisselle, à condition d’être
entretenus pour ne pas se transformer en nid à graisse.

Reste une question clé : la cuisine ouverte est-elle faite pour
vous ? Si vous cochez plusieurs de ces cases, une cuisine
semi-ouverte
avec verrière ou portes vitrées coulissantes
sera peut-être plus adaptée :

  • Vous faites régulièrement frire des aliments, cuire du poisson
    ou des plats très épicés.
  • Votre pièce principale est petite ou difficile à aérer.
  • Vous êtes sensible au bruit pendant les repas ou devant la
    télévision.
  • Vous n’avez pas envie de garder la cuisine impeccable en
    permanence.