Les autorités russes répriment toute critique de l’offensive lancée par le Kremlin contre l’Ukraine, en février 2022, à coups d’amendes et de peines de prison visant des milliers d’opposants, journalistes et citoyens ordinaires.
En décembre 2024, Eva Bagrova, alors âgée de 16 ans, avait été arrêtée après avoir affiché dans son école de Saint-Pétersbourg (nord-ouest) un portrait de Denis Kapoustine, le chef d’un groupe de volontaires russes se battant du côté ukrainien, ainsi que d’un autre combattant pro-Ukraine, assortis des mentions « héros de la Russie ».
Cette adolescente avait été condamnée en première instance, en octobre, à quatre ans de prison pour « justification du terrorisme » mais ce verdict n’est devenu public que cette semaine.
Une cour d’appel de Moscou a confirmé, ce jeudi, cette sentence, selon une vidéo depuis la salle d’audience publiée par les médias indépendants SOTAvision et RusNews.
Soutien à une personnalité sulfureuse
Denis Kapoustine, un ancien militant d’extrême droite, est le fondateur du Corps des volontaires russes (RDK), considéré par les autorités russes comme organisation « terroriste » et interdite.
Ce groupe s’est fait connaître pour des incursions militaires sur le territoire russe dans le cadre de la guerre en Ukraine.
Denis Kapoustine, aussi connu sous le nom de Denis Nikitine, est considéré comme un terroriste par les autorités russes et, en 2019, les autorités allemandes l’avaient interdit d’entrée dans l’espace Shengen pour son soutien à l’idéologie néo-nazie.
Les services de renseignement militaires ukrainiens (GUR) ont annoncé récemment avoir simulé sa mort pour empêcher son assassinat commandité par la Russie.
Les établissements scolaires russes sont une partie essentielle de l’appareil de Moscou pour le contrôle de l’information, fortement renforcé depuis le début du conflit, il y a près de quatre ans.
L’éducation scrutée par le pouvoir russe
« Les autorités gardent particulièrement à l’œil l’éducation et l’endoctrinement des mineurs. Elles réagissent donc hystériquement à tout signe de déloyauté dans l’éducation », a déclaré à l’AFP Dmitri Anissimov, porte-parole de l’ONG de défense des prisonniers politiques OVD-Info, classée « agent de l’étranger » en Russie.
Au moins neuf personnes mineures lors de l’ouverture d’enquêtes à leur encontre ont été condamnées à de la prison pour des accusations politiques, selon cette organisation.
Dmitri Arevkine, avocat d’Eva Bagrova en première instance, qui avait fait appel de la condamnation, a confirmé le verdict en appel à l’AFP et précisé qu’il n’était plus son défenseur.