Avec son humour rentre-dedans et ses gros mots, Foutue bergerie, drame rural écrit et mis en scène par Pierre Guillois, est un ovni théâtral où se côtoient avec brio l’humour potache, les blagues en dessous de la ceinture et la tragédie d’une famille en deuil. La pièce raconte le suicide à la ferme du fils de la famille : dans la première scène, il se pend « à la même poutre que son grand-père », commentent en riant les brebis qui le regardent faire. Le mélange des genres s’annonçait délicat. Pari gagné, au théâtre de l’Odéon (et à l’invitation du Gymnase hors les murs), on s’est laissé emporter par la folie douce d’une troupe et par un univers où les fantômes et les animaux de la ferme sont décidément bavards.

Une fable sur l’époque

Leur point de vue permet de prendre de la distance vis-à-vis de notre espèce qui tourne mal. La pièce aborde les grands maux du monde rural et de l’époque : les scandales sanitaires causés par les pesticides utilisés par l’agriculture productiviste : le fils de la famille est doté d’un micropénis. La ville grignote la campagne et les pitbulls font de la concurrence aux loups pour s’attaquer aux brebis.

Le racisme est traité à travers les personnages des bre…