(Actualisé tout du long)
Le président ukrainien Volodimir Zelensky a déclaré jeudi
après une réunion avec le président américain Donald Trump que
les détails des garanties sécuritaires pour l’Ukraine dans le
cadre d’un accord de paix avec la Russie avaient été finalisés,
mais que la question cruciale des territoires restait à
résoudre.
Alors que la guerre déclenchée par l’invasion de la
Russie approche de son quatrième anniversaire, Volodimir
Zelensky a également mis en exergue ce qu’il a décrit comme le
signe d’avancées dans les longues négociations de paix menées
sous l’égide des Etats-Unis, avec la tenue prochaine, pour la
première fois, d’une réunion trilatérale entre représentants
ukrainiens, russes et américains.
Kyiv et Washington se rapprochent par ailleurs d’un
accord sur la reconstruction économique d’après-guerre, a
déclaré le président ukrainien à des journalistes à l’issue
d’une rencontre d’environ une heure avec Donald Trump en marge
du Forum économique mondial de Davos, en Suisse.
Il s’agit d’un élément central de la contre-proposition
effectuée au projet d’accord préparé par les Etats-Unis que
l’Ukraine et ses soutiens considèrent comme très favorable à la
Russie.
Volodimir Zelensky et Donald Trump ont tous deux décrit
leur réunion comme positive, après avoir déjà fait état en
décembre d’une
rencontre
productive au domaine floridien du président américain à
Mar-a-Lago, à l’issue de laquelle Trump avait estimé que la
question des garanties sécuritaires était réglée « à 95% ».
MESSAGE À POUTINE ? « LA GUERRE DOIT CESSER »
Après avoir déclaré mercredi qu’un accord de paix était
»
raisonnablement proche
« , Donald Trump a dit jeudi aux journalistes que « la
rencontre avec le président Zelensky s’est bien passée ». « C’est
un processus en cours », a-t-il ajouté, sans donner plus de
détails sur les discussions.
Interrogé sur le message qu’il souhaitait adresser au
président russe Vladimir Poutine, le président américain a
répondu: « La guerre doit cesser ».
Depuis son retour au pouvoir en janvier dernier, le chef
de la Maison blanche a opéré un revirement dans la politique
américaine à l’égard de l’Ukraine, renouant le dialogue direct
avec Moscou et adoptant une rhétorique parfois agressive envers
Kyiv – à l’image de l’altercation survenue avec Volodimir
Zelensky lors de leur première rencontre, à Washington, en
février 2025.
Volodimir Zelensky n’a pas précisé jeudi si la question
des territoires avait été évoquée avec Donald Trump à Davos. En
début de semaine, il avait fait savoir qu’il se rendrait en
Suisse uniquement si des accords sur les garanties sécuritaires
américaines et la reconstruction de l’Ukraine seraient signés.
La Russie a intensifié récemment ses attaques contre les
infrastructures énergétiques ukrainiennes. La capitale Kyiv et
d’autres zones du pays ont été privées d’électricité et de
chauffage.
Moscou a pour objectif que les Ukrainiens meurent de
froid, a dit Volodimir Zelensky, s’interrogeant par ailleurs sur
les raisons pour lesquelles Vladimir Poutine n’avait pas encore
été traduit devant la justice, à l’instar du président
vénézuélien Nicolas Maduro, capturé plus tôt ce mois-ci par
l’armée américaine lors d’une opération à Caracas.
« LA QUESTION LA PLUS DÉLICATE PAS RÉSOLUE »
« La question la plus délicate n’a pas été résolue », a
dit le président ukrainien aux journalistes à Davos à propos des
territoires, « et je pense que les réunions trilatérales vont
montrer les différentes variantes ».
Des équipes ukrainienne et russe vont prendre part à une
première réunion trilatérale avec des responsables américains
aux Émirats arabes unis vendredi et samedi, a-t-il indiqué.
L’émissaire spécial américain Steve Witkoff a fait état
jeudi à Davos de bonnes avancées dans les négociations. « Donc,
si les deux parties veulent régler cela, nous allons régler
cela », a-t-il dit après s’être entretenu dans la station suisse
avec des représentants ukrainiens et russes.
Steve Witkoff a confirmé qu’il se rendrait en fin de
journée à Moscou, en compagnie du gendre de Donald Trump, Jared
Kushner, pour des discussions avec Vladimir Poutine.
Le Kremlin a salué les efforts de paix menés par les deux
représentants américains mais a refusé de se prononcer sur les
chances d’aboutir à un accord.
« Il est clair que le président russe apprécie fortement les
efforts de paix déployés personnellement par le président Trump
et par son équipe, dont l’envoyé spécial Witkoff (…) Nous
saluons leurs efforts et leur efficacité », a déclaré le
porte-parole de la présidence russe.
La création d’une zone franche en Ukraine serait décisive
pour l’économie du pays, a également dit Dmitri Peskov.
Moscou exige que l’armée ukrainienne se retire
complètement de la région du Donbass, dans l’est de l’Ukraine,
contrôlée à 90% par les troupes russes depuis le début de
l’invasion lancée le 24 février 2022.
Vladimir Poutine a déclaré mercredi soir vouloir
discuter de la possibilité d’utiliser des actifs russes gelés
pour la reconstruction de territoires ukrainiens occupés par la
Russie, de même que pour financer l’adhésion au Conseil de la
Paix de Donald Trump.
(Steve Holland à Davos, Yuliia Dysa à Kyiv; version française
Camille Raynaud, Zhifan Liu, Kate Entringer et Jean Terzian,
édité par Tangi Salaün et Sophie Louet)