Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé jeudi à Davos la finalisation des garanties sécuritaires avec Washington dans le cadre d’un accord de paix avec la Russie, précisant que la question des territoires restait en suspens.

Ce qu’il faut retenir

  • À Davos, Volodymyr Zelensky et Donald Trump ont finalisé les garanties sécuritaires pour l’Ukraine, mais la question des territoires reste en suspens ; une réunion trilatérale inédite se tiendra ce week-end aux Émirats arabes unis.

  • Kiev et Washington avancent vers un accord de reconstruction post-guerre ; Moscou, qui exige le retrait ukrainien du Donbass, salue les efforts diplomatiques de Trump et de son émissaire Steve Witkoff.

  • Malgré des avancées, la Russie intensifie ses frappes contre les infrastructures ukrainiennes ; Zelensky dénonce une stratégie de « mort par le froid » et appelle à des poursuites contre Vladimir Poutine.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré jeudi après une réunion avec le président américain Donald Trump que les détails des garanties sécuritaires pour l’Ukraine dans le cadre d’un accord de paix avec la Russie avaient été finalisés, mais que la question cruciale des territoires restait à résoudre.

Quelles avancées pour l’Ukraine ?

Alors que la guerre déclenchée par l’invasion de la Russie approche de son quatrième anniversaire, Volodymyr Zelensky a également mis en exergue ⁠ce qu’il a décrit comme le signe d’avancées dans les longues négociations de paix menées sous l’égide des Etats-Unis, avec la tenue prochaine, pour la première fois, d’une réunion trilatérale entre représentants ukrainiens, russes et américains.

Kiev et Washington se rapprochent par ailleurs d’un accord sur la reconstruction économique d’après-guerre, a déclaré le président ukrainien à des journalistes à l’issue d’une rencontre d’environ une heure avec Donald Trump en marge du Forum ‍économique mondial de Davos, en Suisse. Il s’agit d’un élément central de la contre-proposition effectuée au projet d’accord préparé par les Etats-Unis que l’Ukraine et ses soutiens considèrent comme très favorable à la Russie.

Volodymyr Zelensky et Donald Trump ont tous deux décrit leur réunion comme positive, après avoir déjà fait état en décembre d’une rencontre productive au domaine floridien du président américain à Mar-a-Lago, à l’issue de laquelle Trump avait estimé que la question des garanties sécuritaires était réglée « à 95 % ».

« La guerre doit cesser »

Après avoir déclaré mercredi qu’un accord de paix était « raisonnablement proche », Donald Trump a dit jeudi aux journalistes que « la rencontre avec le président Zelensky s’est bien passée ». « C’est un processus en cours », a-t-il ajouté, sans donner plus de détails sur les discussions. Interrogé sur le message qu’il souhaitait adresser au président russe Vladimir Poutine, le président américain a répondu : « La guerre doit cesser ».

Depuis son retour au pouvoir en janvier dernier, le chef de la Maison blanche a opéré un revirement dans la politique américaine à l’égard de l’Ukraine, renouant le dialogue direct avec Moscou et ‍adoptant une rhétorique parfois agressive envers Kiev – à l’image de l’altercation survenue avec ⁠Volodymyr Zelensky lors de leur première rencontre, à Washington, en février 2025.

Volodymyr Zelensky n’a ⁠pas précisé jeudi si la question des territoires avait été évoquée avec Donald Trump à Davos. En début de semaine, il avait fait savoir qu’il se rendrait en Suisse uniquement si des accords sur les garanties sécuritaires américaines et la reconstruction de l’Ukraine seraient signés.
La Russie a intensifié récemment ses attaques contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes. La capitale Kiev et d’autres zones du pays ont été privées d’électricité et de chauffage.

Moscou a pour objectif que les Ukrainiens meurent de froid, a dit Volodymyr Zelensky, s’interrogeant par ailleurs sur les raisons pour lesquelles Vladimir Poutine n’avait pas encore été traduit devant la justice, à l’instar du président vénézuélien Nicolas Maduro, capturé plus tôt ce mois-ci par l’armée américaine lors d’une opération ‍à Caracas.

La question « la plus délicate » pas encore résolue

« La question la plus délicate n’a pas été résolue », a dit le président ukrainien aux journalistes à Davos à propos des territoires, « et je pense que les réunions trilatérales vont montrer les différentes variantes ». Des équipes ukrainienne et russe vont prendre part ⁠à une première réunion trilatérale avec des responsables américains aux Émirats arabes unis vendredi et samedi, ‌a-t-il indiqué.

L’émissaire spécial américain Steve Witkoff a fait état jeudi à Davos de bonnes avancées dans les négociations. « Donc, si les deux parties veulent régler cela, nous allons régler cela », a-t-il dit après s’être entretenu dans la station suisse avec des représentants ukrainiens et russes. Steve Witkoff a confirmé qu’il ‍se rendrait en fin de journée à Moscou, en compagnie du gendre de Donald Trump, Jared Kushner, pour des discussions avec Vladimir Poutine.

Le Kremlin a salué les efforts de paix menés par les deux représentants américains mais a refusé de se prononcer sur les chances d’aboutir à un accord.
« Il est clair que le président russe apprécie fortement les efforts de paix déployés personnellement par le président Trump et par son équipe, dont l’envoyé spécial Witkoff […] Nous saluons leurs efforts et leur efficacité », a déclaré le porte-parole de la présidence russe. La création d’une zone franche en Ukraine serait décisive pour l’économie du pays, a également dit Dmitri Peskov.

Moscou exige que l’armée ukrainienne se retire complètement de la région du Donbass, dans l’est de l’Ukraine, contrôlée à 90 % par les troupes russes depuis le début de l’invasion lancée le 24 février 2022. Vladimir Poutine a déclaré mercredi soir vouloir discuter de la possibilité d’utiliser des actifs russes gelés pour la reconstruction de territoires ukrainiens ⁠occupés ‌par la Russie, de même que pour financer l’adhésion au Conseil de la Paix de Donald Trump.