Combien de temps courir pour éliminer une pizza Margherita
?
On adore la pizza, puis on enfile les baskets pour se donner
bonne conscience. Mais combien de temps faut-il vraiment courir
pour effacer une pizza Margherita ? L’idée paraît
simple, la réponse l’est moins. Derrière une soirée conviviale se
cache un temps exact d’effort bien plus long qu’on
ne l’imagine.
Ce classique tomate mozzarella, souvent jugé plus sage que les
versions à la charcuterie, sert de repère. Des organismes de santé
et des chercheurs britanniques se sont penchés sur le coût
énergétique réel de ce plat. Leur objectif : traduire les calories
en minutes de sport, pour que chacun visualise l’effort. Le verdict
surprend.
Calories et temps d’effort : le verdict pour la Margherita
Base de calcul claire : une pizza de 400 g totalisant environ
1060 calories. Cela représente presque la moitié
d’un apport quotidien, estimé à 1 800 à 2 200 kcal pour une femme
et 2 400 à 2 600 kcal pour un homme. Même si la Margherita reste
parmi les recettes les moins chargées, la densité énergétique est
réelle. Deux parts pèsent déjà lourd sur le bilan de la
journée.
Côté dépense, la Royal Society for Public Health estime qu’à 8
km/h, 43 minutes de course ne brûlent qu’un quart
de pizza. Pour une pizza entière, il faut courir près de 3
heures à allure modérée. Celles et ceux qui préfèrent
marcher doivent compter environ 5 heures 30 de
marche soutenue pour compenser une Margherita. Des ordres de
grandeur qui parlent d’eux-mêmes.
D’où viennent ces chiffres et que disent les études ?
Au Royaume-Uni, des chercheuses des universités de Loughborough,
East Anglia et Birmingham ont publié en 2019 dans le Journal of
Epidemiology and Community Health des travaux sur l’étiquetage
PACE. Principe : indiquer, sur les aliments, l’effort nécessaire
pour brûler les calories, par exemple 85 minutes de course ou 170
minutes de marche pour une pizza générique. L’idée vise à réduire
l’apport quotidien d’environ 200 kcal en rendant l’information plus
lisible. « Même une réduction relativement minime de l’apport
calorique quotidien (100 calories), combinée à une augmentation
durable de l’activité physique, peut être bénéfique pour la santé
et pourrait aider à réduire l’obésité au sein de la population »,
plaide Amanda Daley, de l’Université de Loughborough, citée par TF1
Info.
Le débat existe sur l’intérêt et les limites de cet affichage.
« Une personne pourrait se dire « si je marche tant d’heures, je peux
boire mes sodas. En boire, et en boire et en boire’. Et finalement,
on se retrouverait avec une maladie du foie », souligne Alexandra
Retion, diététicienne. Ces repères sont donc des outils
pédagogiques, pas une carte blanche pour “brûler” chaque excès. Ils
ne disent pas non plus si la nourriture est de bonne qualité
nutritionnelle.
Comment manger de la pizza sans courir
3 heures ?
Jouer sur la portion change tout : partager, garder la moitié
pour plus tard, associer avec une grande salade de légumes. Mieux
vaut privilégier les garnitures simples type Margherita ou légumes,
demander un peu moins de fromage, et opter pour une pâte fine. Les
versions très riches en charcuterie et fromages multipliés font
vite exploser le compteur calorique. Si la Margherita réclame déjà
ces volumes d’effort, les recettes plus chargées demandent
forcément davantage.
Plutôt que de “rattraper” une pizza par un très long footing,
miser sur l’activité régulière reste plus réaliste et plus sain. En
ligne de mire : 150 à 300 minutes par semaine d’activité
d’endurance modérée, ou 75 à 150 minutes d’intensité soutenue.
Bouger un peu chaque jour, varier course, marche rapide, vélo ou
natation, et garder un œil sur les portions crée l’équilibre.
L’idée n’est pas d’interdire la pizza, mais de savoir ce qu’elle
coûte en énergie pour mieux l’intégrer.