Par
Laurent Fortin
Publié le
23 janv. 2026 à 0h00
D’un côté, il y a les craintes. Celles d’être plus prélevé et d’être moins subventionné, par un État ultra-endetté (près de 3 500 milliards d’euros) qui cherche encore à garder le contrôle de ses finances pour éviter une grave crise inflationniste, alors que les prévisions annoncent un grossissement d’environ 60 milliards d’euros. De l’autre, il y a l’optimisme. Celle de maintenir de nombreux projets à hauteur de 7,7 millions d’euros en matière d’équipements. Sans augmenter le levier fiscal, mais en ayant recours à l’emprunt. C’est avec ces deux visages contrastés que le budget 2026 a été présenté en conseil municipal de Vertou. Histoire de montrer que la collectivité « garde le cap, malgré la tornade ». Et que finalement, elle a encore des moyens.
Comme régulièrement, Rodolphe Amailland, le maire, n’a pas été tendre avec la gestion de l’État.
Incapable de présenter, depuis 51 ans, un budget à l’équilibre, contrairement aux collectivités.
Un élu inquiet par la tournure des événements.
Gel de la dotation globale de fonctionnement qui progresse logiquement chaque année ; ponctions diverses, notamment de l’insoutenable dispositif de lissage conjoncturel des recettes fiscales qui pourrait nous priver d’un montant de plus 635 800 euros au titre du redressement des comptes publics dont nous ne sommes en rien responsables ; remise en cause de compensations pourtant annoncées comme garanties, augmentation des charges… cette logique fragilise le bloc communal alors même qu’il porte l’essentiel de l’investissement public du pays. À hauteur de 70 %. Les communes ne peuvent devenir la variable d’ajustement d’un État obèse et incapable de se réformer. La France a besoin d’un État fort sur ses missions essentielles.
Vidéos : en ce moment sur ActuDes provisions et des restes à réaliser
De son côté, l’adjoint aux finances, Christian Corbeau, a fait part du maintien de l’ambition de la ville. Il a notamment indiqué que le niveau d’investissement serait conservé à plus de 7,7 millions d’euros. Ce qui constituerait le 3e plus haut montant du mandat, après 2024 (12,8 millions d’euros) et 2025 (14 millions d’euros), années marquées par la construction de l’école Simone-Veil (17 millions d’euros).
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D’ailleurs, 1,1 million d’euros de reliquat pour cet établissement est inscrit pour 2026. En revanche, 2 millions d’euros concernent des provisions : un pour le futur campus sportif qui doit servir à avoir des gymnases et terrains suffisants avec l’implantation du futur lycée, ainsi que de doter le club de tennis en courts (16 millions d’euros au total) ; un autre pour le projet d’aménagement du site de l’Enclos laissé libre par le déménagement de l’école, mais, dont le maire n’a rien dévoilé, malgré le questionnement de la minorité. Un autre million concernera la poursuite des travaux de rénovation énergétique sur les bâtiments publics, notamment celui de l’hôtel de ville. Pour les 3,5 millions d’euros restant, 825 000 euros ont été fléchés pour des acquisitions foncières, 390 000 euros pour des moyens informatiques, 100 000 euros pour le projet végétal ou encore 300 000 euros pour la reprise du site des Hauts-Thébaudières « pour le sécuriser », a précisé le maire Rodolphe Amailland.
Pas de hausse d’imposition
Pour assurer le financement de ces équipements, la ville a annoncé qu’elle n’actionnerait pas le levier fiscal. Elle l’aura donc fait une seule fois durant le mandat. Par contre, elle a indiqué qu’elle aurait recours à l’emprunt dès que ce sera nécessaire. Un moyen qu’elle a déjà saisi en 2025 puisque la dette a doublé, passant d’un délai de désendettement de 4 à un peu plus de 8,5 années.
Nous avons encore des marges de manœuvre.
Christian Corbeau
L’adjoint aux finances pointait l’encours de dette par habitant à 403 euros contre 986 euros, en moyenne, pour les communes de même taille. Toutefois, la ville ne devrait pas percevoir les 5 millions d’euros d’autofinancement comme en 2024. La municipalité entend malgré tout conserver son haut niveau de service. Avec un montant de 3,45 millions d’euros d’autofinacement.
Pour rappel, bien qu’ayant moins de dotations que les villes de même strate (75 euros par habitant contre 205), nous parvenons à limiter nos charges (1 180 euros par habitant contre 1 551), notamment en personnel (699 contre 849 euros par habitant).
Le budget était voté à la majorité. Seuls les quatre élus de Vertous, groupe minoritaire, rejoint par Jean-Marc Chirol, qui s’abstenaient. Ce dernier avait demandé un report du vote « compte tenu des incertitudes » qui planaient. Il a été refusé.
Nous avons pour habitude, pour plus de clarté pour nos services, de le voter avant la fin de l’année. Nous continuerons puisque les hypothèses sont connues. Si elles changent, nous voterons des décisions modificatives. Pour ajuster. Mais nous commencerons l’année sereinement.
Rodolphe Amailland
Finalement assez loin des inquiétudes du début de séance.
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