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CHARLY TRIBALLEAU / AFP
La mairie craint «un préjudice immédiat et irréparable» car le programme dévoilerait des informations sensibles, comme les identités de policiers infiltrés ou encore de victimes.
La ville de New York tente d’interdire en justice une téléréalité consacrée à ses services de police, arguant que ce programme dévoile les identités de policiers infiltrés, de victimes, de suspects et de témoins, selon une plainte consultée par l’AFP.
Compte tenu de la «nature sensible du travail» de la police de New York, le bureau du maire disposait d’un droit de regard sur le contenu du programme mais la société de production à l’origine du projet a «ignoré» ses remarques, «risquant de causer un préjudice immédiat et irréparable à la ville, à ses employés et au grand public», affirme la plainte déposée ce mercredi 21 janvier. Des images montrent par exemple un agent de police entrant le code de sécurité de la porte arrière d’un commissariat, ajoute la mairie. En conséquence, elle demande à la justice d’interdire «la vente, la distribution ou la diffusion» des matériaux filmés, ce qui lui a été temporairement accordé par un juge de la cour suprême de l’État de New York.
Une première audience est programmée vendredi
Intitulé «Behind the badge» («Derrière le badge»), ce programme de téléréalité, autorisé en avril par le précédent maire Eric Adams, est produit par Jordan McGraw, le fils du présentateur américain de talk-show Dr. Phil. Ce dernier devait aussi apparaître à l’écran. Sollicitées par l’AFP, la mairie et la police de New York n’ont pas répondu dans l’immédiat.
Dans un communiqué transmis à l’antenne new-yorkaise du média américain NBC, un avocat de M. McGraw, Charles Babcock, a estimé que la plainte des autorités pourrait être «inconstitutionnelle en vertu du premier amendement» de la constitution américaine, qui protège la liberté d’expression. Eric Adams, auquel Zohran Mamdani a succédé le 1er janvier, a lui exprimé son soutien à Jordan McGraw sur X. «Lui et son équipe ont répondu avec minutie à toutes les préoccupations de la mairie», a-t-il assuré, disant aussi «espérer que l’Amérique pourra voir» le programme.