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Deux nouveau-nés qui ont consommé du lait infantile rappelé par Nestlé sont décédés fin décembre. Aucun lien de causalité n’a encore été établi. Deux enquêtes sont ouvertes par la justice.

Du lait infantile contaminé est-il à l’origine de la mort de deux bébés en France ? Il n’y a pas de « lien de causalité » prouvé jusqu’à maintenant, mais ces deux nouveau-nés ont bu du lait infantile rappelé par Nestlé en raison d’une « possible contamination ».

Le 8 janvier, un bébé âgé de 14 jours est décédé à l’hôpital Haut Lévêque de Pessac à côté de Bordeaux. « Une fois sorti de la maternité », il a été alimenté « entre le 5 et le 7 janvier avec un lait artificiel de marque Guigoz », indique le procureur de la République de Bordeaux Renaud Gaudeul.

Le 23 décembre, une fillette de 27 jours est décédée à Angers. Sa mère a indiqué aux enquêteurs qu’elle avait donné du lait Guigoz à son bébé. Le parquet d’Angers a saisi un laboratoire « en urgence » pour des analyses.

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Un composant toxique dans les boîtes de lait

Le groupe Nestlé a procédé le 5 janvier à un vaste rappel de laits infantiles des marques Guigoz et Nidal, pourtant très contrôlés. Des boîtes étaient susceptibles de contenir de la céréulide. Ce composant toxique peut causer d’importantes diarrhées et des vomissements dans les heures qui suivent la consommation de la poudre de lait. La céréulide est produite sous certaines conditions par une famille de bactéries, les Bacillus cereus.

Cet ingrédient est « une huile riche en acide arachidonique utile au bon développement des bébés » qui est « produite par un fournisseur chinois », indiquent les ministères de la Santé et de l’Agriculture.

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Le lien pas encore établi

Dans le cas du bébé de 14 jours mort à Bordeaux, les premiers résultats d’analyse « ont établi l’absence de contamination par la bactérie Bacillus Cereus », mais « des analyses complémentaires » ont été demandées par le parquet pour retrouver la toxine céreulide. Les résultats ne sont pas encore connus. À Angers, la contamination par la céréulide est « une piste sérieuse » mais « il est beaucoup trop tôt pour dire que c’est la piste principale », selon le procureur de la République Eric Brouillard.

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Une alerte sanitaire d’ampleur

Les ministères de l’Agriculture et de la Santé ont évoqué jeudi, dans un communiqué, une alerte sanitaire « d’ampleur, qui reste évolutive », assurant déployer une « surveillance continue » du dossier. La ministre de la Santé Stéphanie Rist a indiqué sur BFMTV que « les laits concernés ont été retirés » des pharmacies et des grandes surfaces. Elle conseille néanmoins aux parents de vérifier qu’ils ne possèdent pas en stock une des marques retirées des rayons. Au moindre doute, il est conseillé de consulter le pédiatre de l’enfant.