L’Europe est-elle en train de se soumettre aux États-Unis et à la Chine ? Invité au micro de BFMTV ce jeudi 22 janvier, le directeur général de Bpifrance, Nicolas Dufourcq, s’est laissé aller à une vive critique contre ce qu’il considère être une «double vassalisation» de l’Europe vis-à-vis des empires chinois et américain. Interrogé sur l’offensive chinoise et le déferlement de produits en provenance de Pékin sur le marché européen et notamment en France, Nicolas Dufourcq n’a pas hésité à affirmer que la Chine «parlait très mal en matière d’industrie dès qu’on commence à lever le petit doigt en expliquant qu’on aimerait bien retrouve un petit peu de souveraineté».

Expliquant qu’il était aujourd’hui primordial de lutter contre ce phénomène de manière «déterminée», le directeur général de Bpifrance, qui avait déjà évoqué à l’époque un «tsunami chinois, qui, si on ne fait rien, détruira toutes nos entreprises», a ainsi appelé à remonter les barrières douanières. Pour cela, Nicolas Dufourcq rappelle qu’un consensus d’au moins deux tiers des pays européens est nécessaire. «Typiquement, dans l’automobile électrique, on a réussi à obtenir des barrières douanières qui ont été transformées en prix minimum […] Je considère que les mesures qui ont été appliquées sont beaucoup trop faibles», a-t-il indiqué.

Des prix chinois structurellement inférieurs aux prix européens

Prenant l’exemple des voitures chinoises qui sont aujourd’hui fabriquées de manière à ce que leurs prix soient structurellement inférieurs de 40% à ceux des prix européens, «ça, ça va pas le faire», a encore dénoncé Nicolas Dufourcq. «Il faut qu’on remonte beaucoup plus haut. Ces entreprises ont été très largement subventionnées, on ne peut pas l’accepter», a-t-il abondé.

Concernant la digitalisation, et alors que les États-Unis gardent aujourd’hui une longueur d’avance sur l’Europe, l’Allemagne et la France entendent bien combler ce retard en finançant davantage des entreprises innovantes, notamment dans le secteur de l’intelligence artificielle (IA). Dernièrement, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, s’est d’ailleurs rendu à Berlin pour la remise d’un rapport sur ce sujet tout en demandant un changement de dimension. L’objectif : ne plus voir des startups nées en Europe partir aux États-Unis pour se financer, voire y prospérer.