Une colique qui cloue au lit, un accouchement interminable, une
fourmi qui vous brûle le bras comme au fer rouge : le corps humain
a plus d’un moyen de faire hurler de
douleur
. Mais entre toutes ces souffrances, laquelle arrive en
tête du podium ?

Pour y répondre, l’université de McGill au Canada a croisé des
questionnaires de patients pour établir une échelle des 10
douleurs les plus intenses
. En parallèle, en France, 23,1
millions d’adultes déclarent vivre avec une douleur chronique, bien
loin de n’être qu’un détail du quotidien.

Comment McGill a classé les 10 douleurs les plus intenses

Les chercheurs de McGill ont demandé à des malades de décrire
leur douleur avec des mots précis et de la noter sur une échelle.
En recoupant ces réponses, ils ont obtenu un classement qui mesure
l’intensité ressentie, pas la gravité médicale.

Dans ce top, figurent aussi bien des maladies chroniques que des
accidents de la vie. On y retrouve par exemple la névralgie du
trijumeau, surnommée « tic douloureux », les coliques néphrétiques
provoquées par des calculs rénaux, l’accouchement sans péridurale,
la piqûre de la fourmi Paraponera, ou encore le Syndrome
douloureux régional complexe
, considéré comme la
souffrance la plus extrême de l’échelle.

Les 10 douleurs les plus intenses, de la moins à la plus
insupportable

Classées de la 10e à la 1re position, ces douleurs couvrent
presque tout le corps, du visage aux intestins :

  • 10. Névralgie du trijumeau : décharges électriques sur une
    moitié du visage.
  • 9. Migraine : douleur pulsatile d’un côté du crâne, avec
    nausées et sensibilité à la lumière.
  • 8. Colique néphrétique : calcul rénal qui bloque l’urine ;
    aucune position ne soulage, d’où l’adage « colique néphrétique,
    patient frénétique ».
  • 7. Fibromyalgie : douleurs diffuses des muscles et
    articulations, sans lésion visible.
  • 6. Polyarthrite rhumatoïde : maladie auto-immune des
    articulations, où même un vêtement peut faire mal.
  • 5. Maladie de Crohn : crises de douleurs abdominales aiguës,
    proches d’une appendicite.
  • 4. Amputation d’un doigt : segment très innervé, avec parfois
    des douleurs de « membre fantôme ».
  • 3. Accouchement : contractions utérines intenses puis étirement
    du périnée.
  • 2. Piqûre de Paraponera : brûlure extrême et contractions
    involontaires pendant des heures.
  • 1. Syndrome douloureux régional complexe : après un
    traumatisme, membre brûlant, gonflé, hypersensible pendant des
    mois.

Femme qui mal à la tête  © Shutterstock

En France, quand la douleur intense
devient chronique

Dans la vraie vie, la douleur la plus marquante n’est pas
toujours celle d’un accident, mais celle qui s’installe. Le
baromètre Analgesia rappelle que « La douleur constitue le premier
motif de consultation dans les services d’urgences et chez le
médecin généraliste », cité par Santé Magazine. Selon cette enquête,
les « douleurs musculosquelettiques » dominent, ce sont « les plus
courants » chez les patients suivis pour douleur chronique.

Parmi les personnes interrogées, « près d’une personne sur deux
présente des douleurs chroniques intenses (supérieur à 6 sur 10) ».
Il souligne que « la moitié des patients présente une qualité de vie
physique et/ou mentale altérée », avec des « troubles du sommeil,
d’anxiété, de dépression ou des troubles cognitifs ». Seul « un tiers
des patients souffrant de douleur chronique » se dit « satisfaits de
leur prise en charge », les autres recourant à « l’automédication
avec des médicaments anti-douleurs, voire des opioïdes (27 %) ».