Depuis ce 18 janvier, un Français sur quatre est à découvert. Un chiffre en hausse de deux points en un an selon une nouvelle étude du comparateur d’assurances Les Furets, réalisée en partenariat avec CSA Research. Des Français dans le rouge, tout particulièrement les jeunes générations, les personnes qui sont locataires, où bien encore les jeunes parents. Aussi, 20 Minutes a demandé à ses lecteurs et lectrices ce qu’il en était. Et les réponses sont sans appel (ou presque) : entre résignation, inquiétude, colère couverte et humour noir parfois. Mais un constat s’impose, pour beaucoup, c’est la galère.

A l’image d’Adeline, fonctionnaire, qui pensait pourtant être à l’abri. Avec 2.500 euros mensuels, elle atteint désormais son découvert autorisé de 1.000 euros… dès le 15 du mois. « Les hausses de loyers post-JO, l’électricité, l’alimentation, les soins médicaux de moins en moins remboursés… tout augmente. Ma carte bancaire se bloque, explique-t-elle, et je n’arrive plus à remonter la pente. » Une spirale que beaucoup décrivent, celle de salaires stables face à des dépenses incompressibles en hausse constante.

Une difficulté qui perdure

Pour certains, la difficulté ne se limite même plus à la deuxième quinzaine. « Le plus dur, ce sont les fins de mois… surtout les trente derniers jours ! », ironise Gnac. François, retraité, raconte un cycle sans fin : « prélèvements concentrés en début de mois, découvert dès le 16, pension suivante qui suffit à peine à rééquilibrer les comptes. Et le cercle infernal recommence. » Yvon fait dans l’autodérision : « Je suis à découvert dès le 1er, je suis naturiste. »

Reste que la question de la responsabilité individuelle divise. Certains dénoncent une surconsommation devenue la norme. « Quand on voit les smartphones, télévisions, jeux, fringues dans les maisons, il ne faut pas s’étonner », estime Ylm22, tout en rappelant que certains cumulent les emplois, notamment le week-end, pour rester à flot. D’autres divisent et dénoncent une « hypocrisie collective », convaincus de l’utilisation sans retenue des aides sociales qui serviraient non pas survivre, mais à surconsommer. « Abonnements multiples », « achats d’appareils électroniques derniers cris », « crédits à la consommation »… sans oublier de pointer du doigt le système bancaire avec des autorisations de découvert vues comme un véritable « piège ».

Quelques voix se veulent même plus sévères ou « conseillères ». « Les Français ont besoin de cours de gestion dès le collège », tranche Loungallino. Laurent assure adapter strictement ses dépenses à ses revenus. D’autres vont plus loin : Orian, chef d’entreprise, affirme ne jamais être dans le rouge et appelle simplement à « bosser convenablement ». Guypatrick se fait philosophe : « À un certain âge, être encore à découvert, c’est la preuve que regarder l’assiette du voisin ne fonctionne pas. »

« Tout augmente, même la pression artérielle de Trump, sauf les salaires »

Des jugements qui sont cependant vivement contestés. Jean, avec 2.000 euros par mois, rappelle devoir « payer pour tout et n’avoir droit à rien ». Crédit immobilier, réparations imprévues, chauffage, bois pour l’hiver… « Pas besoin d’un iPhone dernier cri ni de 40 abonnements pour être dans le rouge », souligne-t-il. Philomène, mère de deux enfants, élargit le propos. « Tout augmente : loyers, assurances, énergie, cantine, activités… même la pression artérielle de Donald Trump. Tout, sauf les salaires. »

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Les retraités témoignent aussi d’un déclassement brutal. Pensions qui stagnent, charges qui explosent, mutuelles et assurances toujours plus chères. Une lectrice, qui souhaite rester anonyme, parle de honte : après une vie de travail, elle se retrouve dans le rouge dès le début du mois, malgré une retraite qu’on jugerait « confortable » sur le papier. Patrick résume une angoisse partagée : « Le chauffage est devenu une lourde charge pour l’occupant d’un logement. »

Ces témoignages montrent une réalité grandissante : le découvert est devenu un mode de survie pour une partie croissante de la population. Et derrière les chiffres, il y a des vies fragilisées. Jusqu’à ce lecteur, au bout du rouleau, qui confie avoir perdu son emploi et sombrer dans une détresse profonde, au point d’envisager le pire. Un rappel brutal que derrière le « rouge » des comptes bancaires dès le début du mois, il y a surtout des Français pour qui le mois semble désormais toujours plus long.