Par

Emma Ressegaire

Publié le

23 janv. 2026 à 13h37

Dans un contexte qu’il juge plus que critique, le syndicat Alliance Police Nationale appelle à une mobilisation nationale le samedi 31 janvier 2026 à 11 heures, sous la forme de marches citoyennes, dans 24 grandes villes de l’Hexagone. À Lyon, le rendez-vous est donné place Maréchal-Lyautey, dans le 6ᵉ arrondissement. 

« Cette marche doit être plus qu’une alerte. Nous n’avons plus le choix. C’est la première fois que l’on appelle la population à se joindre à nous. Si on arrive à cela, c’est qu’on est au bout du bout », insiste Alain Barberis, secrétaire de la région Auvergne-Rhône-Alpes du syndicat Alliance Police Nationale auprès d’actu Lyon.

Une bascule dans le narcoterrorisme

Selon lui, Lyon ne fait plus seulement face à du narcotrafic classique. « Nous avons basculé dans le narcoterrorisme », affirme-t-il, en évoquant une « ultraviolence quotidienne », structurée, stratégique et destinée à terroriser la population comme les institutions. Il argumente en évoquant que les vols à l’arraché ou vols aggravés ont fortement augmenté.

Et les chiffres obtenus sur l’année 2025 confirment cette insécurité : la ville lyonnaise a dépassé Marseille, de plus de 15 % sur le nombre de violences criminelles (homicides, tentatives d’homicides…). Alain Barberis estime qu’il est désormais tout aussi dangereux de vivre à Lyon et dans sa métropole que dans la cité phocéenne.

« On arrive à dépasser une grande ville malheureusement bien connue pour ses violences criminelles mais le problème est que l’on a moins d’effectifs de police qu’à Marseille. » En effet, selon ce dernier, il y a 11 groupes à la brigade criminelle de Marseille contre 3 groupes pour celle de Lyon.

Cliquez ici pour visualiser le contenu

Des moyens insuffisants

Ce manque de moyens humains accroît le risque de dommages collatéraux, comme l’illustre le drame de Grandclément (Villeurbanne), en décembre dernier, où un jeune étudiant sans lien avec la criminalité a été touché par une balle perdue.

Votre région, votre actu !

Recevez chaque jour les infos qui comptent pour vous.

S’incrire

Les forces de l’ordre deviennent elles aussi des cibles directes. « Nos policiers sont les deuxièmes victimes de cette situation », alerte Alain Barberis avant d’ajouter : « Notre plus grande crainte, c’est d’avoir des policiers à terre contre des réseaux criminels qui sont très lourdement armés et qui disposent de moyens colossaux et illimités contrairement à la police nationale. Il y a urgence de ce côté-là. »

Si la police lyonnaise est mobilisée et engagée dans la protection des habitants, les moyens restent insuffisants : « Nous ne sommes plus en capacité de protéger la population », regrette Alain Barberis qui trouve que la population se retrouve exposée à une insécurité parfois incontrôlable.

Un appel aux représentants politiques

Pour ce représentant du syndicat de la police nationale, la solution ne peut venir que des politiques. Il appelle à des décisions courageuses, à un renforcement massif des effectifs et à un rétablissement clair de l’autorité de l’État. La justice doit également, selon lui, envoyer un signal fort et sans ambiguïté : « La réponse pénale doit être ferme. Une agression contre un policier, c’est la case prison immédiate. »

Il rappelle que lorsque l’État met réellement les moyens, les résultats sont visibles. Certaines opérations ciblées, des dispositifs renforcés ou des événements comme les Jeux olympiques ont démontré que la présence policière permet de faire reculer la délinquance. « Quand on met les effectifs sur le terrain, on obtient des résultats », martèle-t-il.

Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.