La ministre des armées presse la DGA d’accélérer l’innovation face aux nouveaux défis militaires
La ministre des armées, Catherine Vautrin, a appelé la direction générale de l’armement (DGA), chargée de la conduite des programmes d’équipements militaires, à davantage de « réactivité » entre l’identification des besoins et la livraison des armements.
Tirant les leçons de la guerre en Ukraine, il faut « raccourcir la boucle entre la détection d’un besoin opérationnel et la livraison d’une capacité », a demandé jeudi la ministre lors d’un déplacement sur un site de la DGA à Toulon, selon le texte de son discours consulté vendredi 23 janvier par l’Agence France-Presse.
« La guerre se transforme et impose une adaptation et une accélération permanente. Elle nous intime de faire notre propre révolution dans la manière d’anticiper le besoin opérationnel, dans la manière de concevoir, d’acquérir, de produire et de maintenir. C’est une révolution technique, c’est une révolution d’organisation et c’est avant tout une révolution des mentalités », a-t-elle expliqué en dressant sa feuille de route pour la DGA. « Cela signifie évidemment une logique d’essais, d’expérimentations, d’itérations, sans attendre la perfection théorique pour livrer une capacité utile », a-t-elle estimé.
Créée en 1961 quand il fallait bâtir la dissuasion nucléaire française, la DGA gère des programmes d’armement qui s’étendent sur des années. La rapidité des innovations technologiques ou de leur usage, comme les milliers de petits drones civils utilisés dans le conflit en Ukraine, impose de repenser son modèle.
Si elle doit continuer à planifier des programmes de long terme, comme celui du futur porte-avions, la DGA doit aussi pouvoir « prototyper rapidement lorsque la situation l’exige » ou « passer de quelques unités à une montée en série dans des délais qui ne se comptent plus en années [mais] en semaines », a souhaité Mme Vautrin.
Premier investisseur de l’Etat avec 38 milliards d’euros de commandes en 2025, la DGA emploie 10 500 personnes.