Par

Laurène Fertin

Publié le

23 janv. 2026 à 8h58

Le tribunal correctionnel de Rennes a condamné, jeudi 22 janvier 2026, le détenu qui s’était évadé lors d’une « sortie collective » au Planétarium de Rennes, le 14 novembre 2025. Pour rappel, Émile – dit « Gino » – avait « faussé compagnie » à son groupe alors qu’il se trouvait avec cinq autres détenus et trois encadrants, mais sans surveillant pénitentiaire.

La brigade de recherche et d’intervention (BRI) l’avait appréhendé le 27 novembre 2025 alors qu’il était caché dans des ronces, dans le camp de voyageurs de la Clairière, sur la prairie de Mauves, à Nantes. Une première tentative d’interpellation avait « échoué » dix jours plus tôt.

« Une voiture l’attendait » à la sortie du Planétarium

« Gino » avait donc simplement « pris les escaliers » qui conduisent à la sortie des Champs-Libres, à Rennes, et il était tombé par hasard sur deux « connaissances » qui lui avaient permis de regagner le camp dans lequel il a « toujours vécu ».

Mais l’exploitation de la vidéosurveillance avait permis d’établir qu’il était « sorti en courant par la porte principale » en direction de la gare SNCF de Rennes où « une voiture l’attendait », a retracé le président de la chambre des comparutions immédiates du tribunal correctionnel de Rennes, jeudi 22 janvier 2026.

Déjà condamné pour des incendies

Pour ces faits, « Gino » aurait dû être jugé en comparution immédiate le 1ᵉʳ décembre 2025, mais il avait sollicité un délai pour préparer sa défense.

Le lendemain de cette première comparution, le 2 décembre 2025, il avait alors écopé de deux ans et demi de prison par le même tribunal correctionnel de Rennes pour avoir servi d’intermédiaire dans un dossier d’incendies de magasins de l’enseigne Poêles & Cie de Redon, Bain-de-Bretagne, La Mézière (Ille-et-Vilaine), Châteaubriant (Loire-Atlantique) et Segré-en-Anjou (Maine-et-Loire).

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« Une très grosse agression » en prison

Jeudi 22 janvier 2026, l’homme de 37 ans a peiné à expliquer pourquoi il s’était inscrit à cette activité pédagogique, faisant d’ailleurs preuve d’une « sincérité désarmante », selon son avocat Me Sami Khankan.

Mais « dès le matin », il « savait » qu’il ne voudrait pas rentrer : il a subi « une très grosse agression » en mai 2025 par un « détenu fragile armé d’un poinçon » et ne voulait absolument « pas rester à Rennes ». Une enquête est d’ailleurs en cours, a fait savoir le parquet : une « expertise psychiatrique » de son agresseur a dû être ordonnée.

« Gino » vivait donc depuis plusieurs mois avec « la boule au ventre » en prison. « Si c’était à refaire, je le referais », a-t-il même osé, réfutant toutefois toute « préméditation ». « On peut quand même en douter », lui a rétorqué le président : les images ont « clairement » permis d’établir que « quelqu’un l’attendait à l’extérieur », même si ce complice n’a jamais été identifié.

Trois précédentes évasions

Pour bénéficier de cette permission de sortie, le trentenaire avait fait « beaucoup d’efforts » en dépit d’un « certain pedigree » : cet homme à la « vie marquée par la prison » a déjà été condamné à 27 reprises, notamment pour s’être déjà évadé à trois reprises en 2009, 2015 et 2024, comme le révélait Le Parisien quelques jours après les faits.

Je ne voulais faire de mal à personne, je ne voulais pas que ça en arrive là, ce n’était pas mon but du tout.

Gino

Mais ce prévenu « dissimule sa responsabilité » et a « rompu la confiance qui lui était faite », a fustigé le procureur de la République, avant de requérir deux ans de prison ferme.

La prison jusqu’en 2033

Pour rappel, les conséquences de son « évasion » ont été importantes : le directeur de la maison d’arrêt de Rennes a été limogé par le ministre de la Justice Gérald Darmanin une semaine après.

Je suis désolé des conséquences que ça a eues sur tout le monde, pour les détenus et pour la détention. Je ne voulais pas en arriver là.

Gino

Son avocat a bien tenté de relativiser les faits, estimant qu’il était victime de l’emballement « politico-médiatique » généré dans cette affaire. « Son évasion a consisté à descendre un escalier pour monter dans un véhicule et passer quelques jours sur le terrain où il a toujours vécu », a résumé Me Sami Khankan.

Finalement, le tribunal a en tous points suivi les réquisitions du ministère public. « Gino » – qui est désormais placé au « quartier disciplinaire » – a été condamné à deux ans de prison et peut à présent espérer sortir légalement de prison en 2033.

CB et GF (PressPepper)

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