Le conseil régional a lancé, ce 22 janvier, les travaux qu’il a confié à un groupement autour de NGE dans le cadre d’une concession inédite réunissant infrastructure et exploitation.

C’est un symbole national du renouveau du train régional – sans la SNCF. Le conseil régional du Grand Est a lancé, ce 22 janvier, les travaux de régénération des voies et ouvrages reliant Nancy (Meurthe-et-Moselle) à Contrexéville (Vosges). Leur montant de 150 millions d’euros s’inscrit dans la première concession « intégrée » de France pour un projet ferroviaire.

Par ce contrat de 22 ans signé mi-2024, la collectivité confie, en effet, au secteur privé, en l’occurrence le duo NGE-Transdev, à la fois la mission de réalisation de travaux (avec leur financement et leur conception) puis celle de maintenance-exploitation, sur 75 km du réseau ferré national, dont il a lui-même pris la propriété. Un modèle qualifié ce jeudi d’« osé » par Thierry Bodard, président de NGE Concessions, mais « qui a beaucoup de pertinence et que nous avons très envie de développer ailleurs en France ».

Il a passé en tout cas l’examen de la Commission européenne qui a donné son accord à cette dérogation au principe de séparation entre gestion des infrastructures et exploitation, du fait de l’« absence d’importance stratégique pour le marché européen ». Les différentes autorisations ayant fini d’être obtenues mi-décembre dernier, le dossier entre dans sa phase de réalisation.

Un chantier intense

Au programme figurent la fermeture de 21 passages à niveau obsolètes et le réaménagement de 43 passages automatisés, la modernisation de 22 ouvrages d’art et de nombreux ponts-rails, la remise en état de la plateforme, soit autant d’infrastructures dont l’état de délabrement par déficit d’investissements pendant des décennies avaient entraîné la fermeture de la section depuis fin 2016.

La région et son concessionnaire, dénommé Nova 14(1) en référence au numéro de la ligne, ont fixé à septembre 2027 l’objectif du terme des travaux, de façon à rouvrir à la circulation trois mois plus tard, pour une offre jusqu’à 30 allers-retours par jour et un objectif de fréquentation de 500 000 voyageurs annuels et un temps de trajet de 1h10 qui rivalise ainsi avec la voiture.

NGE déploie dès lors une large batterie de ses métiers afin de tenir la cadence d’un peu plus de 18 mois. Pas moins de sept de ses filiales sont mobilisées : NGE TSO (renouvellement des voies) comme mandataire, NGE Génie civil, Offroy et Sages Rail, ainsi que les régionales SLD TP, Muller TP et Couvracier. Toutefois, « on ne conçoit pas qu’un tel projet puisse réussir sans l’implication des PME locales [indépendantes du groupe, NDLR], elles y trouveront donc pleinement leur place », a souligné Thierry Bodard.

L’opération inclut la construction d’un atelier de maintenance du matériel roulant à Mirecourt (Vosges), théâtre de la cérémonie de lancement ce jeudi.

Image indisponibleJFS Architectes Le projet d’atelier de maintenance du matériel roulant à Mirecourt (Vosges) sur la ligne Nancy-Contrexéville. (JFS Architectes)

La région entend donner un signal fort aux territoires décentrés des principaux axes de déplacement, tel que celui concerné de l’Ouest des Vosges (Vittel, Contrexéville, Mirecourt…). Celui « du train de qualité qui n’est pas un luxe réservé à quelques privilégiés, du droit aux mêmes services dans les zones rurales, du refus du déclin des petites lignes et du ferroviaire comme pilier de l’aménagement du territoire », selon les termes employés ce 22 janvier par son président Franck Leroy.

Image indisponibleJean-Luc Stadler / Région Grand Est Lancement des travaux de le ligne Nancy-Contrexéville, le 22 janvier 2026 à Mirecourt (Vosges) (Jean-Luc Stadler / Région Grand)

(1) Le montage comprend une société dédiée à la phase de travaux au capital détenu à 50 % par NGE, 20 % par Transdev et 30 % par la Banque des territoires. Une autre société d’exploitation est pilotée par Transdev.