Coup de théâtre avec le retrait du promoteur Ogic, initialement chargé de la réhabilitation de l’ensemble des douze bâtiments de l’îlot nord de la Cité de l’Abbaye. « L’opérateur Ogic a fait le choix de se retirer du projet, principalement en raison de la crise du logement en cours qui rend les opérations plus difficiles à commercialiser », a déploré Margot Behair, adjointe à l’urbanisme, lors d’un point d’étape, mardi 20 janvier 2026. A ses côtés, Isabelle Peters, première adjointe au secteur 5 et aux quartiers populaires, et Gabriel Sibille, directeur général de Grenoble Habitat.
La Cité de l’Abbaye, composée de 14 immeubles et 240 logements, est en effet engagée dans un vaste chantier de réhabilitation depuis plusieurs années. L’objectif : préserver ce patrimoine labellisé « Patrimoine du XXe siècle », tout en l’adaptant aux exigences modernes en matière de confort thermique, d’accessibilité, de mixité sociale, et de prix de l’immobilier.
Les travaux de réhabilitation de la Cité de l’Abbaye se poursuivent. © Auriane Poillet – Ville de Grenoble 2026
La Ville souhaite aussi répondre à la crise du logement grâce au bail réel solidaire (BRS), un dispositif qui permet d’offrir des logements en accession sociale à la propriété, sans spéculation sur le foncier. Grenoble Habitat proposerait ainsi des logements à des prix bien inférieurs au marché, tout en conservant la propriété du terrain. Ce qui constituerait alors une première à Grenoble en matière de réhabilitation.
Il y a urgence, alors que plusieurs dizaines d’habitants du secteur Abbaye-Jouhaux ont manifesté, le 17 mai 2025, pour exprimer leur colère face à la dégradation de leurs logements, dont « les parties communes, infestées de rats et de cafards, ne sont pas entretenues et les poubelles pas assez ramassées ».
Au nombre des inquiétudes cristallisant les tensions : l’encadrement des loyers face au risque de « gentrification » du quartier et la baisse des charges locatives. D’autres habitants, qui avaient été expulsés au prétexte d’une démolition prévue qui n’a pas eu lieu réclament quant à eux leur droit au retour.
