Nous sommes le vendredi 23 janvier.

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Le Journal en français facile.

Diane Berger.

Le sort de l’Ukraine discuté à Abou Dhabi. Les Émirats accueillent, depuis une heure, un cycle de négociations dans un format nouveau : les Russes, les Ukrainiens et les Américains sont là en même temps.

« ICE out. » « Dehors, la police de l’immigration. » C’est le mot d’ordre, le message au cœur d’une grande journée de mobilisation à Minneapolis, cette ville des États-Unis où une mère de famille a été tuée au début du mois.

Et puis on vous expliquera cette étrange guerre commerciale entre l’Équateur et la Colombie. Le président équatorien est un allié de Donald Trump et il s’inspire de lui pour mettre la pression sur son voisin.

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Les discussions viennent de commencer aux Émirats arabes unis, un nouveau cycle de négociations dédié à la guerre en Ukraine. Et il y a autour d’une même table des Russes, des Ukrainiens et des Américains, ensemble. C’est la première fois depuis le début de la guerre, commencée il y a quasiment quatre ans. Cette réunion devrait durer jusqu’à demain, samedi. Les précisions avec notre correspondante à Moscou, Anissa El Jabri.

La délégation russe est menée par le chef du renseignement militaire, sanctionné par les États-Unis et les Européens pour ingérence dans les élections internes, piratage, empoisonnement au Novitchok sur le territoire du Royaume-Uni. Igor [Kostyukov], qui s’est aussi distingué pendant l’intervention russe en Syrie, est un interlocuteur de fer. Il est à la table pour aborder un des points durs des négociations, connus depuis des mois, mais singulièrement martelés par la partie russe depuis le début de l’hiver. Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin.

« La position de la Russie est bien connue : l’Ukraine et ses forces armées doivent quitter le Donbass. Elles doivent se retirer de là. C’est une condition essentielle. D’autres points restent à l’ordre du jour des négociations. »

Parmi ces autres points : la zone en question peut-elle rester démilitarisée ? En décembre dernier, le sherpa du Kremlin avait avancé que la Rosgvardia – la garde nationale russe – y stationnerait pour maintenir l’ordre. Enfin, mercredi encore, le chef de la diplomatie russe, lui, rappelait d’autres revendications, comme le statut de l’Église orthodoxe en Ukraine. Anissa El Jabri, Moscou, RFI.

Sur le terrain, les bombardements russes continuent, en particulier dans l’est de l’Ukraine. Une frappe a tué quatre personnes, hier soir, dans la région de Donetsk. Un enfant fait partie des victimes. Une autre attaque a causé la mort de trois civils, ce vendredi. Les centrales de production d’électricité sont, aussi, très souvent frappées. Alors, l’Union européenne envoie, en urgence, des générateurs en Ukraine, 447 appareils pour produire de l’électricité. Ils serviront, notamment, dans des hôpitaux et dans des abris.

L’Union européenne préoccupée, aussi, par la situation en Syrie. Des djihadistes du groupe État islamique détenus dans des camps sur le sol syrien pourraient s’être évadés. Ils auraient profité du chaos – des perturbations – lors des combats, ces derniers jours, entre l’armée officielle syrienne et les forces kurdes. L’ONU parle d’une situation « volatile », c’est-à-dire instable – changeante – au camp d’al-Hol, le plus grand de ces camps de djihadistes. Par sécurité, l’armée américaine a transféré 150 détenus djihadistes vers l’Irak. Il y a, parmi eux, des Européens. Et l’Irak répond, aujourd’hui, que les pays d’Europe doivent les rapatrier – les récupérer – et les mettre dans des prisons européennes.

Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme demande la fin de la répression brutale en Iran. Internet commence à remarcher dans le pays, après deux semaines de coupure. Et le reste du monde découvre, donc, l’ampleur, l’intensité de la violence utilisée contre les manifestants opposés au régime. L’ONG Iran Human Rights, installée en Norvège, a pu vérifier la mort de 3 428 personnes, mais l’organisation ajoute que ce ne sont que les cas confirmés avec précision. D’autres cas sont en train d’être analysés. Le bilan réel pourrait, donc, être bien plus élevé. L’ONG donne une estimation de plus de 25 000 morts.

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Vous écoutez toujours RFI.

Il est maintenant 10 h 05 à Minneapolis, la ville du nord des États-Unis devenue le cœur de la contestation contre l’ICE – la police de l’immigration. Les habitants rendent, aujourd’hui, hommage à Renee Good, cette jeune femme de 37 ans, mère de famille, tuée dans sa voiture par un agent de l’ICE, il y a deux semaines. Marine De La Moissonnière, plusieurs choses sont prévues, aujourd’hui, pour honorer sa mémoire et dire non à la politique de Donald Trump.

Une manifestation aura lieu dans le centre-ville en mémoire de Renee Good, mais, aussi, en solidarité avec les migrants et tous ceux qui ont été victimes d’ICE, la police de l’immigration. Selon le ministère de la Sécurité intérieure, 3 000 personnes, dont des enfants – y compris un petit garçon de 5 ans –, ont été arrêtées dans l’État du Minnesota depuis un mois et demi. Alors, aujourd’hui, des écoles, des magasins, des entreprises, des restaurants, des musées, même, vont fermer leurs portes au moins quelques heures. Des centaines de chefs d’entreprise ont adressé une lettre au Congrès, hier, pour soutenir cette journée ville morte. « Une pause non violente afin de réfléchir » et de défendre « nos droits constitutionnels », écrivent-ils. Les méthodes d’ICE suscitent l’indignation à Minneapolis, mais, aussi, ailleurs aux États-Unis. Selon un sondage réalisé par [The] Economist/YouGov, la proportion de personnes interrogées favorables à la suppression d’ICE dépasse, pour la première fois, le pourcentage de celles qui s’y opposent.

Les Américains ne sont pas les seuls à critiquer cette police de l’immigration. L’ONU dénonce, ce vendredi, je cite, « les mauvais traitements désormais quotidiens » infligés aux migrants aux États-Unis.

La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, est arrivée au Groenland. Ce déplacement sert à montrer le soutien de son pays aux habitants de l’île de l’Arctique, autonome, mais rattachée au Danemark. La semaine a été mouvementée. Donald Trump, le président américain, a redit qu’il veut en prendre le contrôle, officiellement pour assurer la sécurité des États-Unis. Mais il a, aussi, accepté des négociations.

L’influence de Donald Trump se fait sentir en Amérique du Sud. Deux pays voisins, l’Équateur et la Colombie, se lancent dans une véritable guerre commerciale. Depuis deux jours, chacun multiplie les sanctions économiques contre l’autre. Marius Rolland, leur dispute est partie d’un désaccord sur le trafic de drogue.

La Colombie, premier producteur de cocaïne au monde, n’en fait pas assez pour lutter contre le narcotrafic. C’est ce que dénonce Daniel Noboa. Le président équatorien est un allié de Donald Trump en Amérique latine. Mercredi, dans un post sur X, il n’a pas hésité à emprunter ses méthodes : mettre la pression pour obtenir des résultats. À partir du 1ᵉʳ février, 30 % de droits de douane seront appliqués sur les biens en provenance de Colombie. Bogota riposte en quelques heures : au moins une vingtaine de produits équatoriens seront autant taxés, et va plus loin encore. Les ventes d’électricité aux pays voisins sont suspendues jusqu’à nouvel ordre, alors que 10 % de la consommation équatorienne dépendent de la Colombie. Quito réplique et instaure des tarifs punitifs, cette fois sur le pétrole colombien, dont une partie circule par un oléoduc équatorien. Derrière cette escalade inédite en 24 heures, un conflit de longue date autour de la frontière qui sépare les deux territoires. Une passoire encore trop facile à traverser pour les narcotrafiquants, très peu contrôlée du côté colombien.

Marius Rolland.

Grande vague d’arrestations au Kosovo. Plus de 100 personnes ont été interpellées dans ce petit pays des Balkans. Elles sont soupçonnées d’avoir falsifié les résultats des dernières législatives, de les avoir modifiés. Les bulletins vont être recomptés. Les élections, qui ont eu lieu le 28 décembre dernier, ont été remportées officiellement par le parti du Premier ministre sortant.

Et puis, en France, le Premier ministre survit à deux motions de censure. Les textes déposés par la gauche, hors PS, et le Rassemblement national n’ont pas obtenu assez de votes. Sébastien Lecornu reste, donc, au pouvoir, ce vendredi, après avoir utilisé l’article 49.3 de la Constitution.

Il est maintenant quasiment 16 h 10 en temps universel.

C’est la fin de ce Journal en français facile.

Et, lundi, vous avez rendez-vous avec Adrien Delgrange pour le Journal en français facile.